Samedi 21 Avril 2018

Démographie : « Le Niger a connu de grandes avancées en matière de planning familial »

Démographie : « Le Niger a connu de grandes avancées en matière de planning familial »
(Le Monde 19/10/17)
Hassane Atamo est chef de la planification familiale au ministère nigérien de la santé. Crédits : Morgane Le Cam

C’est le pays le plus fécond du monde. Mais, depuis 2007, les contraceptifs sont gratuits et les consultations confidentielles, rappelle Hassane Atamo, responsable au ministère de la santé. Sept enfants par femme. Vu d’Europe, ce chiffre peut donner le tournis. Au Niger, c’est la norme. Avec en moyenne 7,6 enfants par femme et 13,6 par homme, selon la dernière étude de l’Institut national d’études démographiques (INED) parue mercredi 18 octobre, ce pays est le champion du monde de la fécondité. La différence de fertilité entre homme et femme s’explique, notamment, par « les écarts d’âge entre époux qui sont importants et la polygamie qui est fréquente », relève le rapport de l’INED.

La croissance démographique du Niger est aussi la plus élevée du continent et du monde. De 18,8 millions d’habitants en 2017, le Niger pourrait voir, selon la présidence du Niger, sa population quasiment tripler d’ici à 2050, passant ainsi à près de 55 millions d’habitants.

Avec une population dont l’âge moyen est de 15 ans, le Niger est au début de sa transition démographique. Une étape cruciale où le nombre et la jeunesse de la population peuvent devenir un instrument au service de la croissance, mais aussi une épine dans le pied du développement économique.

Pour le docteur Hassane Atamo, chef de la planification familiale au ministère de la santé, l’éducation et le changement des mentalités est crucial si le Niger veut tirer profit de ce tournant démographique amorcé. Le médecin, qui exerce au planning familial de Niamey, revient sur les fondements de cette natalité exceptionnelle.

Pourquoi les Nigériens font-ils autant d’enfants ?

Hassane Atamo Chez nous, avoir beaucoup d’enfants est un signe de puissance et de richesse. Cela vient de nos traditions. A l’époque, il fallait avoir beaucoup d’enfants pour labourer la terre. Mais beaucoup de choses ont changé, et la plupart des arguments qui poussaient les Nigériens à avoir beaucoup d’enfants ne tiennent plus aujourd’hui.

Même au village ?

En ville, personne ne regarde le nombre de tes enfants. Mais au village, il est vrai que les hommes subissent des pressions. Si un Nigérien a une femme et deux enfants, sa famille va le pousser à prendre une deuxième, une troisième, une quatrième femme… La polygamie joue un rôle important. Quand un Nigérien a plusieurs femmes, une compétition s’installe entre les épouses. Chacune veut donner le maximum d’enfants au mari.

Mais les mentalités changent. L’exode rural est très prononcé, les jeunes viennent en ville et ne restent plus au village pour labourer la terre. Cela pose la question de l’emploi qui est offert à ces jeunes. Il n’y en a pas assez. Les Nigériens ayant la chance d’avoir un revenu mensuel stable sont très peu nombreux.

Est-il vrai que, pour les Nigériens, faire beaucoup d’enfants est aussi l’assurance d’en avoir un qui devienne fonctionnaire ?

Absolument. Beaucoup de familles nigériennes espèrent avoir un fonctionnaire, car c’est une source de revenus assurée.

Lire la suite sur: http://www.lemonde.fr/afrique/article/2017/10/18/demographie-le-niger-a-...

Commentaires facebook