Vendredi 23 Février 2018

Au Niger, la formation agricole comme alternative à l’école

Au Niger, la formation agricole comme alternative à l’école
(Le Monde 05/02/18)

Ils ont le visage blanchi par la poussière de l’Harmattan. Ils sont graves, pas bavards. Youssoufa Yaou et Samaïla Djimraou, respectivement âgés de 15 et 16 ans, sont fils d’agriculteurs, comme 80 % des Nigériens. Ils viennent d’achever leur formation au Site intégré de formation agricole (SIFA) de Lokoko, dans le département de Tibiri, région de Dosso.

L’ONG Swisscontact, spécialisée dans la formation professionnelle, a installé 28 de ces SIFA dans quatre régions du Niger : Dosso, Maradi, Tahoua et Agadez. On y délivre une formation initiale professionnelle en huit mois, quatre sur le site et quatre sur le champ de l’apprenant. 6 500 jeunes nigériens en ont bénéficié à ce jour.

Au collège, tous ont échoué
« J’ai appris l’irrigation, le maraîchage, le greffage. Je connais plus de choses que mes parents, maintenant. Je veux m’installer à mon propre compte et devenir un grand producteur. Je suis très fier d’avoir appris ce métier », raconte Youssoufa, renvoyé de l’école à la fin du CM2. Parmi ses promotionnaires admis au collège, tous ont échoué. « Sauf un, qui est actuellement en cinquième », corrige-t-il.

Samaïla Djimraou, avec un an de plus, est exactement dans le même cas. Il a grandi dans le jardin familial mais voulait compléter sa formation. Son père l’y a fortement encouragé. « Au début, je pensais que mon père connaissait tout et maintenant, je vois des choses que mon père ne fait pas bien ou ne connaît pas. Aujourd’hui, on discute. »

Après son échec au CM2, Samaïla comptait partir au Bénin ou au Nigeria. « Mais j’ai décidé d’aller au SIFA d’abord. » Le jeune homme a déjà commencé à mettre ses connaissances en pratique : « Je pense que je vais trouver mon compte dans le jardin. »

« Quand on a rencontré les jeunes agriculteurs, ils disaient tous qu’ils ne faisaient rien. Pour eux, l’agriculture, ce n’était pas un métier », raconte Saibou Garba Ali, responsable Ingénierie de la formation à Swisscontact.

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