Jeudi 23 Novembre 2017

En Namibie, des scènes de chasse à la mode néocoloniale

En Namibie, des scènes de chasse à la mode néocoloniale
(Le Monde 24/03/17)

Dans « Safari », le documentariste Ulrich Seidl montre comment ses compatriotes autrichiens paient pour faire des cartons sur la faune sauvage.

Par Antoine Duplan

Ulrich Seidl n’aime pas les gens, surtout les Autrichiens. A l’instar de Thomas Bernhard, Elfriede Jelinek ou Michael Haneke, c’est sans pitié qu’il crucifie ses compatriotes dans des films à valeur misanthropique augmentée. A travers fictions et documentaires, il éclaire les recoins de la psyché nationale en s’intéressant aux rapports des bêtes et de leurs maîtres (Animal Love), descend dans les caves où s’accomplissent des rituels fangeux (Im Keller) ou, dans la trilogie de Paradis, dévoile l’effrayant visage de la Foi, de l’Espérance et de la Charité…

Avec Safari, il s’intéresse aux chasseurs. Un spécimen sans panache de cette espèce sanguinaire sonne du cor devant les bois. Puis l’action se déplace en Afrique, sur le terrain de Paradise Love, ce film terrible dans lequel des Teutonnes maousses s’adonnent au tourisme sexuel. Sur le mode documentaire, Ulrich Seidl dénonce cette autre forme de néocolonialisme qu’est la chasse.

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