Jeudi 19 Octobre 2017

Mozambique: échec d'une rencontre entre médiateurs et opposition

Mozambique: échec d'une rencontre entre médiateurs et opposition
(AFP 27/10/16)

Une rencontre entre deux médiateurs des pourparlers de paix au Mozambique et le chef du principal parti d'opposition Afonso Dhlakama a échoué en raison de combats entre l'armée et l'ex-rébellion, a rapporté mercredi l'opposant dans la presse.

Ce rendez-vous, prévu samedi, visait à débloquer les discussions lancées en mai à Maputo pour mettre fin au conflit larvé entre le gouvernement et l'ancienne rébellion de la guerre civile mozambicaine (1976-1992), la Renamo, dans le centre du pays.

"Nous nous étions mis d’accord (avec le président Filipe Nyusi) pour que deux médiateurs viennent à Gorongosa (centre) pour me rencontrer", a affirmé M. Dhlakama à l’hebdomadaire indépendant Canal de Moçambique paru mercredi.

Mais selon l'ex-rebelle qui vit caché dans les montagnes de Gorongosa depuis octobre 2015, l'armée a renforcé ses effectifs le matin-même de la rencontre près de l’endroit où elle devait avoir lieu.

"Il y a eu un violent échange de tirs. J'ai même entendu les explosions d'ici", a poursuivi l'opposant. "Alors, j'ai appelé (Mario) Raffaelli (le coordinateur de la médiation) pour lui dire que les forces armées étaient venues me tendre une embuscade".

"Je suis persuadé que le Frelimo (le parti au pouvoir) comptait me capturer au moment de la rencontre", a-t-il accusé, "il est prouvé qu'ils ont un plan pour me tuer".

Sollicité par la presse, le médiateur italien nommé par l'Union européenne (UE) s'est refusé à tout commentaire sur la rencontre avortée.

"Deux médiateurs sont effectivement allés à Gorongosa pour avoir une réunion avec Dhlakama qui était convenue (entre le leader de l'opposition et le président mozambicain), ils s’étaient même parlé de ça directement au téléphone", a confirmé sous couvert de l'anonymat à l'AFP un diplomate européen proche de la médiation.

"Dhlakama leur a dit de faire demi-tour au dernier moment. Mais à aucun moment ils n'ont craint pour leur vie", a-t-il ajouté.

Une nouvelle session de pourparlers de paix a débuté la semaine dernière malgré l'assassinat début octobre d'un des négociateurs de la Renamo, Jeremias Pondeca.

Les deux parties se sont mises d'accord en septembre sur le principe d'une modification de la Constitution devant permettre la nomination de gouverneurs de l'opposition dans quelques-unes des onze province du pays.

Elles doivent désormais formellement se prononcer sur une proposition d'accord rédigée par les médiateurs à cet effet.

Les négociations n'ont pas pour l'instant abouti à un cessez-le-feu.

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