La banque Credit Suisse soupçonnée d'être mêlée au scandale des dettes cachées du Mozambique | Africatime
Mardi 28 Mars 2017

La banque Credit Suisse soupçonnée d'être mêlée au scandale des dettes cachées du Mozambique

La banque Credit Suisse soupçonnée d'être mêlée au scandale des dettes cachées du Mozambique
(AFP 09/12/16)

La grande banque Credit Suisse est soupçonnée d'avoir octroyé des crédits d'un montant total d'un milliard de dollars au Mozambique, l'un des pays les plus pauvres de la planète, qui auraient été utilisés pour des achats d'armes, selon une lettre ouverte publié jeudi par l'organisation suisse Contrepoint.

Cette association, composés de chercheurs et d'enseignants du supérieur, demande à la banque de s'expliquer sur ces opérations, qui affectent selon elle "la solvabilité de l'un des pays les plus pauvres du monde".

Interrogée, la banque n'a pas répondu dans l'immédiat à cette publication.

Le scandale des dettes cachées a éclaté en avril dernier, lorsque la presse du Mozambique a révélé l'existence, dans les comptes du pays, de discrets emprunts contractés depuis 2013 par deux sociétés à capitaux publics pour un montant de 1,4 milliard de dollars.

Maputo a reconnu plus tard que ces emprunts, volontairement dissimulés au Parlement, avaient servi à financer l'achat d'embarcations militaires et de matériel de défense.

Les autorités ont eu recours à un montage similaire pour financer également, à l'insu des députés, la commande de 30 embarcations de pêche et de protection maritime pour un montant de 850 millions de dollars.

A la suite de ces révélations, le FMI a suspendu ses prêts, suivi de la Banque mondiale et des pays donateurs.

Selon Contrepoint, en 2013, Credit Suisse à Londres et la banque russe VTB ont accordé des crédits de 1,4 milliard de dollars au Mozambique.

Credit Suisse a participé à deux crédits d'un montant total de 1,04 milliard de dollars. La moitié du montant alloué par la banque devait servir à financer une entreprise de pêche, appelée Ematum. L'autre partie était destinée à une société spécialisée dans la protection des côtes, Proindicus.

Les sommes versées ont bénéficié d'une garantie de l'Etat, sans décision du Parlement, contrairement aux exigences de la Constitution du Mozambique, dénonce l'association.

Ni l'opinion publique, ni le FMI, ni la Banque mondiale n'ont été informés de l'opération, ajoute l'association.

Les crédits ont été découverts en 2016, après la conversion partielle des dettes du Mozambique.

Selon Contrepoint, ils ont vraisemblablement été en partie utilisés pour des achats d'armes, et 900 millions auraient disparu.

Quatorze pays occidentaux, dont la Suisse, ont alors gelé leur aide au Mozambique.

Les crédits ont entraîné une augmentation de la dette du Mozambique de 20%, et en octobre dernier, le pays s'est déclaré insolvable.

En Suisse, une enquête est aussi en cours depuis 7 mois, menée par l'Autorité de surveillance des marchés financiers (Finma) sur le rôle de Credit Suisse depuis sept mois, ajoute Contrepoint.

Contrepoint se présente comme une association politiquement et économiquement indépendante pour un développement durable et social de l'économie suisse composée de chercheurs et d'enseignants des facultés des sciences économiques et sociales des hautes écoles suisses.

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