Lundi 23 Octobre 2017

Au Mozambique, l’extraction du rubis prend la couleur du sang

Au Mozambique, l’extraction du rubis prend la couleur du sang
(Le Monde 04/10/17)

La région pauvre de Montepuez, où un immense gisement a été découvert il y a huit ans, tient désormais du Far West. Les mineurs artisanaux y vivent mal, relégués en marge des vastes concessions étrangères.

Suleimane Hassane a découvert le premier rubis du Mozambique sans même le vouloir. Lavée par la pluie, la gemme rare rouge est apparue à ce coupeur de bois illettré au bord d’une rivière, près de Montepuez, dans le nord du pays, avant d’atterrir à Bangkok, en Thaïlande, dans des circonstances inconnues. C’était en 2009. Depuis, le gisement insoupçonné a produit plus de 10 millions de carats, soit près de la moitié des rubis vendus au monde.

En huit ans, l’arrivée d’entreprises étrangères a profondément bouleversé cette région perdue d’Afrique. Le britannique Gemfields, l’australien Mustang Resources, et bientôt le spécialiste canadien de l’émeraude de Colombie, Fura Gems, qui a annoncé mardi 19 septembre l’achat de nouvelles concessions dans la zone, ont dégagé des millions de dollars de recettes, avec autant de retombées pour l’Etat mozambicain, l’un des plus pauvres au monde.

En contrepartie, l’afflux de milliers de mineurs artisanaux, les échauffourées avec les forces de sécurité, les homicides, les violences ont transformé Montepuez en Far West. Pour la première fois, le 26 septembre, l’une des exploitations minières a fait l’objet d’un braquage à main armée, un garde a été tué.

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/afrique/article/2017/10/04/au-mozambique-l-extract...

Commentaires facebook