Dimanche 25 Juin 2017

Au Mozambique, les laissés-pour-compte de l’exploitation du charbon

Au Mozambique, les laissés-pour-compte de l’exploitation du charbon
(Le Monde 30/12/16)

Pas ou mal relogées, sans emploi et malades, les communautés vivent le développement économique comme une malédiction
« Le jour où l’entreprise est arrivée dans le district de Chirodzi, on nous a dit : “On va vous reloger avant de commencer l’extraction du charbon” », expose Bernardo Joia, chemise à carreau et béret sur la tête. C’était en 2008. « Mais depuis trois ans qu’ils tirent du charbon, nous sommes toujours là. Et nous, tout ce qu’on a reçu, c’est de la poussière et des maladies. »

Dans la province de Tete, à l’ouest du Mozambique, l’exploitation de la houille a transformé l’une des plus pauvres régions d’Afrique. Son sol renfermerait près de 23 milliards de tonnes de la roche sédimentaire, soit presque autant que l’Afrique du Sud, le septième producteur mondial. Depuis le début des activités minières en 2011, et alors que toute la production est pour l’instant dédiée à l’exportation vers l’Asie, les communautés directement affectées sont amères. Entre promesses non tenues et dégradation de leur niveau de vie, elles vivent le développement économique comme une malédiction.

A Chirodzi, le conglomérat indien Jindal n’a pas pris la peine de déplacer les habitants qui vivent à l’intérieur même de sa concession minière, l’une des quatre aujourd’hui en exploitation. « L’année dernière, nous avons bloqué la mine, donc ils nous ont promis de finir

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