Au Mozambique, des milliers de déplacés de guerre et des pourparlers de paix au point mort | Africatime
Vendredi 20 Janvier 2017

Au Mozambique, des milliers de déplacés de guerre et des pourparlers de paix au point mort

Au Mozambique, des milliers de déplacés de guerre et des pourparlers de paix au point mort
(Le Monde 28/12/16)

Au cours des derniers mois, 15 000 civils ont fui les combats entre l’armée et les guérilleros de la Renamo, le parti d’opposition.
« Là-bas, c’est la guerre. Les bandits armés ne font que tirer, ils ont brûlé nos maisons, nous n’avions nulle part où aller. » Comme la plupart de ses congénères du camp de Vanduzi, dans le centre du Mozambique, Henriqueta reste évasive sur les circonstances qui l’ont poussé à s’y réfugier avec son fils de 4 ans. Cette veuve d’une trentaine d’années fait partie des 15 000 déplacés qui ont fui ces derniers mois les combats entre les troupes gouvernementales et la Renamo, le principal parti d’opposition, qui a repris les armes en 2013.

A Vanduzi, 130 familles se partagent une quarantaine de tentes bien alignées. Des latrines récemment renversées par le vent et le réservoir d’eau vide sont les seuls bémols à ce camp par ailleurs propre et bien organisé. Si le Mozambique est l’un des pays les plus pauvres d’Afrique, il sait traiter ses déplacés de guerre, semblent vouloir montrer les autorités.

« 3 100 personnes sont hébergées sur cinq sites dans la province du Manica », la plus touchée par le conflit, déclare Teixeira Almeida, le représentant de l’Institut national de gestion des catastrophes naturelles (INGC), qui gère les camps. La situation est en réalité bien plus critique : 11 500 personnes ont aussi trouvé refuge dans des familles d’accueil – des parents ou connaissances –, tandis que 8 600 autres ont préféré traverser les frontières pour s’entasser dans des camps au Zimbabwe et au Malawi.
Crise économique sans précédent

Cette explosion du nombre de déplacés et de réfugiés est un signe que le conflit larvé entre les deux protagonistes de la guerre civile mozambicaine, qui a fait un million de morts entre 1976 et 1992, pourrait à nouveau prendre de l’ampleur. Oubliée, la success-story de réconciliation nationale, qui a fait du Mozambique un exemple pour les organisations-non-gouvernementales dans les années 1990 et 2000 et un paradis pour les investisseurs depuis la découverte d’immenses champs gaziers en 2010. Ces derniers boudent désormais la nation d’Afrique australe, où les scandales de corruption ont provoqué une crise économique sans précédent. Mi-décembre, des pourparlers de paix sous médiation internationale ont tourné à l’aigre, mettant à bas tout espoir de retour rapide à la stabilité.

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