Jeudi 21 Septembre 2017

Mauritanie : arrestation d'un sénateur célèbre pour ses positions contre les réformes constitutionnelles

Mauritanie : arrestation d'un sénateur célèbre pour ses positions contre les réformes constitutionnelles
(Xinhua 14/08/17)

NOUAKCHOTT, (Xinhua) -- Mohamed Ould Ghadde, sénateur de l'opposition, très actif contre les réformes constitutionnelles votées par le référendum du 5 août dernier en Mauritanie, a été arrêté depuis 72 heures, a appris Xinhua dimanche de sources judiciaires.

Selon son avocat, Me Ahmed Salem ould Bouhoubeyni, le sénateur a été arrête à son domicile, vendredi dernier, aux environs de 23h00, par des hommes en civil qui n'ont donné aucune explication et qui l'ont amené vers une destination inconnue.

Jeudi dernier, Ould Ghadde avait été dépossédé de sa pièce d'identité et de son permis de conduire, au moment où il devrait traverser le fleuve à partir de Rosso Mauritanie (204 km au sud de Nouakchott) en direction du Sénégal voisin, où il se rendait pour "subir des soins médicaux", avait-il expliqué sur les réseaux sociaux.

Son avocat a dénoncé, dans une déclaration à la presse, cette arrestation qu'il a qualifiée d'"arbitraire". "Il s'agit plutôt d'un enlèvement du moment qu'aucun contact n'a été possible avec lui pour connaître les motifs de son arrestation", a-t-il déploré.

Ould Ghadde qui figure en tête de la contestation contre les réformes constitutionnelles objet du référendum du 5 août dernier, boycotté par une partie de l'opposition, avait exprimé son engagement "ferme à aller jusqu'au bout dans la dénonciation des manigances du régime de Mohamed Ould Abdel Aziz".

Il a récemment publié une vidéo avec le témoignage d'un soldat qui affirme que la blessure, par balle, en 2012, du chef de l'Etat "n'était autre qu'une machination visant à berner l'opinion par rapport à une vérité qui se situe ailleurs".

Selon la thèse officielle, le chef de l'Etat avait essuyé à l'époque, par erreur, le tir des militaires de la base de Tweila, situé à plus de 30 km au nord de Nouakchott.

Par ailleurs, des partis de l'opposition radicale ont, dans une déclaration, exigé la remise en liberté du sénateur et dénoncé "le recul des libertés et le mépris de la loi qui menace de mener le pays à une ère de troubles, d'insécurité et de négation des droits les plus élémentaires des citoyens".

Aucune déclaration officielle concernant l'arrestation du sénateur n'a encore été publiée.

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