Samedi 24 Juin 2017

Recensement en Mauritanie: le calvaire des Négro-mauritaniens

Recensement en Mauritanie: le calvaire des Négro-mauritaniens
(Afrique Actualité 20/04/17)

L'accès aux documents de l'état civil n'est pas chose facile en Mauritanie. L'office mauritanien de l'état civil et des titres sécurisés ne cesse de compliquer la tâche des Mauritaniens d'origine négro-africaine. Ce, malgré l'ouverture de plusieurs bureaux d'enrôlement (centre d'inscription sur les registres d'état civil destiné aux rapatriés), où des appareils biométriques ont été installés dans les préfectures. Le gouvernement souhaite ainsi fiabiliser et sécuriser les documents d'identification nationaux tels que les passeports et les cartes d'identité, afin de lutter contre la fraude.

Etre négro-mauritanien

Les négro-mauritaniens ont fui leur pays pour échapper à des massacres intercommunautaires perpétrés par les forces de sécurité entre 1989 et 1991. Certains se sont réfugiés au Mali, d'autres se sont exilés au Sénégal. Un accord tripartite avec le Sénégal et le Haut Commissariat des Nations-Unies pour les Réfugiés (HCR) a été trouvé pendant les années 2008 et 2012.

Il prévoit l'octroi de pièces d'identité mauritaniennes aux rapatriés, estimés à environ 25 000 personnes. Elles leur ouvriraient le droit au travail et au logement. Aujourd'hui, ces promesses sont loin d'être tenues. Depuis les premières années, plusieurs voix se sont élevées pour dénoncer certaines pratiques des agents de recensement, jugées discriminatoires pour les négro-mauritaniens.

Ces derniers réclament la réintégration définitive des fonctionnaires et le reclassement de ceux qui n'ont pas pu évoluer pendant leurs longues années d'exil forcé. Il y a une semaine, des Mauritaniens ont organisé à Paris des manifestations de protestation devant l'hôtel de résidence du président mauritanien, Mohamed Ould Abdelaziz, en visite en France. Les manifestants étaient essentiellement des négro-mauritaniens victimes des opérations de recensement de l'éta civil et exilés politique en Europe. Ils protestaient contre la politique ségrégationniste du régime.

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