Dimanche 19 Novembre 2017

Peine de mort pour blasphème réduite à 2 ans de prison en Mauritanie: pourvoi du parquet

Peine de mort pour blasphème réduite à 2 ans de prison en Mauritanie: pourvoi du parquet
(AFP 10/11/17)

Le parquet mauritanien a annoncé vendredi avoir introduit un pourvoi en cassation contre la condamnation jeudi à deux ans de prison d'un jeune homme auparavant condamné à mort pour un billet de blog jugé blasphématoire.

A la suite de la décision rendue par la Cour d'appel de Nouadhibou (nord-ouest) jeudi, "le parquet a immédiatement fait un recours en cassation devant la Cour suprême", indique le parquet général du tribunal de Nouadhibou dans un communiqué reçu vendredi par l'AFP.

Ce pourvoi n'est pas suspensif de la remise en liberté de l'accusé, Cheikh Ould Mohamed Ould Mkheitir - également identifié comme Mohamed Cheikh Ould Mohamed, qui a déjà passé près de quatre ans en détention et dont on ignorait depuis le jugement où il se trouvait, sans doute pour sa propre sécurité.

Il est introduit "en vue d'une application saine et rigoureuse de la loi", la décision de la Cour d'appel étant contraire aux réquisitions du procureur qui avait demandé la confirmation de la peine capitale, selon le texte.

Le parquet général souligne aussi que "le pouvoir judiciaire est la seule autorité compétente pour trancher juridiquement les affaires portées devant la justice".

Le prévenu, un musulman âgé d'une trentaine d'années, en détention depuis janvier 2014 pour un article sur internet taxé de blasphème envers le prophète de l'islam, avait été reconnu coupable d'apostasie et condamné à mort le 24 décembre 2014 par la Cour criminelle de Nouadhibou.

L'annonce du verdict jeudi avait été couverte par le brouhaha de partisans d'une nouvelle condamnation à mort et des appels ont été lancés sur les réseaux sociaux pour que soit organisé un "vendredi de la colère".

Des forces de l'ordre quadrillaient vendredi les points sensibles de la capitale Nouakchott en prévision des manifestations qui pourraient survenir après la prière qui a lieu vers 14H00 (GMT et locales).

Le 21 avril 2016, la Cour d'appel de Nouadhibou avait confirmé la peine de mort mais en requalifiant les faits en "mécréance", une accusation moins lourde prenant en compte le repentir de l'accusé, puis renvoyé son dossier devant la Cour suprême. Celle-ci avait ordonné un nouveau procès devant une Cour d'appel autrement composée.

La peine capitale n'a plus été appliquée en Mauritanie depuis 1987. Cette affaire est le premier cas de condamnation à mort pour apostasie dans le pays. Elle a soulevé une vague d'inquiétude des organisations de défense des droits de l'homme.

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