Lundi 23 Octobre 2017

Moi, policier, noir et mauritanien

Moi, policier, noir et mauritanien
(MondAfrique 21/09/17)

Bocar Demba Diop, policier noir en Mauritanie, a préféré prendre une retraite anticipée que de rester indéfiniment marginalisé par sa hiérarchie blanche à des postes subalternes. Témoignage. “Je m’appelle Bocar Demba DIOP; je suis né le 31/12/1971 à Fimbo (département de Maghama), dans la région du Gorgol. J’ai décroché mon diplôme de baccalauréat en lettres modernes françaises en 1994 au lycée de Kaédi. J’ai étudié 2 ans à la faculté des lettres et sciences humaines de Nouakchott. En classe de 2ème année universitaire, j’ai arrêté mes études dans le but de soutenir ma famille et de servir mon pays la Mauritanie. Le deux novembre 1996, je me suis engagé à intégrer le corps de la police mauritanienne avec mon diplôme de baccalauréat plus deux années.

Je suis resté pendant 18 ans comme agent de police sans promotion.

Subalternes, forcément subalternes

Moi et tous mes collègues noirs au sein de la police nationale, nous sommes restés pourtant des agents subalternes. La hiérarchie de la police sélectionne d’autres policiers maures blancs et les font accéder aux grades supérieurs pour se servir de nous pour réprimer les populations noires contestataires qui réclament leurs droits lors des manifestations et sit-ins.

Mieux, nos collègues maures blancs ne sont pas diplômés d’étude. Vous allez me dire Pourquoi? Parce que tout simplement, ils sont maures blancs et nous, nous sommes des noirs. Ils le disent sans se cacher, nous ne méritons rien sur la terre de Mauritanie malgré nos compétences.

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