Lundi 11 Décembre 2017

Mauritanie, les inquiétudes de Human Rights Watch

Mauritanie, les inquiétudes de Human Rights Watch
(MondAfrique 06/10/17)
Une vue de Nouakchott, capitale de la Mauritanie

Les autorités mauritaniennes ont placé en détention depuis deux mois un leader de l’opposition sur la base de vagues accusations de corruption, a déclaré aujourd’hui Human Rights Watch. Elles devraient remettre en liberté Mohamed Ould Ghadda, ou le juger rapidement et de manière équitable, si elles disposent d’éléments de preuve suffisants contre lui.

Des responsables mauritaniens ont procédé à l’arrestation de Ghadda le 10 août 2017, cinq jours après le résultat d’un référendum dans le cadre duquel les Mauritaniens se sont prononcés en faveur de la dissolution du Sénat, dont Ghadda était membre. Ce dernier était ouvertement opposé à ce scrutin, que l’opposition considère comme une manœuvre du président Mohamed Ould Abdel Aziz pour renforcer ses prérogatives et ouvrir la voie à des révisions constitutionnelles susceptibles de lui permettre de se maintenir au pouvoir à l’issue de son mandat en cours, le deuxième consécutif.

« Plus la détention de Mohamed Ould Ghadda se poursuit sans que les charges retenues contre lui soient clarifiées, plus il semble que cette affaire consiste davantage à museler l’opposition au président qu’à rendre justice », a déclaré Sarah Leah Whitson, directrice de la division Moyen-Orient et Afrique du Nord à Human Rights Watch.

Un juge d’instruction a ouvert une enquête sur Ghadda pour corruption d’agents publics nationaux en vertu de l’article 3 de la Loi relative à la lutte contre la corruption de 2016, a déclaré son avocat, Ahmed Salem Bouhoubeyni, à Human Rights Watch. Cette loi prévoit une peine d’emprisonnement allant de 10 à 20 ans pour tout élu qui offre ou accepte un avantage indu. Au cours de la seule comparution de Ghadda devant un tribunal jusqu’à présent, le 31 août, le juge ne l’a pas interrogé sur le fond de l’affaire. Il a été toutefois été interrogé sur le soutien financier qu’il aurait reçu de la part de Mohamed Bouamatou, un homme d’affaires et philanthrope de l’opposition mauritanienne.

Trois semaines après l’arrestation de Ghadda, les autorités ont également convoqué et interrogé 12 autres sénateurs, quatre journalistes indépendants et deux dirigeants syndicaux. De nombreuses questions portaient sur le financement présumé de Bouamatou, selon les informations recueillies par Le Courrier du Nord, Radio France International et Le 360 Afrique. Placés sous surveillance judiciaire en l’attente de chefs d’accusation éventuels, ces individus sont contraints de pointer chaque semaine auprès des services de police et n’ont pas le droit de quitter le pays.

Lire la suite sur: https://mondafrique.com/mauritanie-inquietudes-de-human-rights-watch/

Commentaires facebook