Mardi 12 Décembre 2017

Mauritanie: le président accuse des sénateurs frondeurs de "trahison"

Mauritanie: le président accuse des sénateurs frondeurs de "trahison"
(AFP 04/08/17)
Le président mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz

Le président mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz a accusé jeudi soir à Nouakchott de "trahison" et de "prévarication" les sénateurs opposés à son projet de révision de la Constitution, dans son dernier discours avant le référendum controversé de samedi.

"Ces gens ont par leurs propres dires procédé à des partages d'argents pris sur des hommes d'affaires pour saper les institutions du pays", a déclaré le président Ould Abdel Aziz, 60 ans, qui s'exprimait devant une foule dans le centre de la capitale mauritanienne.

"Ils me demandent de leur présenter des excuses, je ne le ferai jamais, mais par contre j'implorerai Allah pour qu'Il ne nous prenne pas en châtiment pour leurs fautes graves", a-t-il ajouté à propos des sénateurs, qui soutiennent pourtant en principe le camp présidentiel mais s'opposent à la suppression du Sénat.

Le chef de l'Etat fonde ses accusations, selon des observateurs, sur des fuites organisées par ses services de renseignements "d'enregistrements WhatsApp" interceptés sur le téléphone d'un sénateur et dans lesquels le parlementaire évoquait des besoins d'argent auprès d'interlocuteur que l'on pense être un homme d'affaires réfugié au Maroc.

"Ces sénateurs ont trahi la Nation, comment alors m'excuserais-je pour eux", a lancé M. Ould Abdel Aziz, appelant la foule à décréter la dissolution du Sénat "qui coûte très cher et ne correspond à rien, à aucun besoin".

Il a promis la mise en oeuvre très prochainement de "procédures (judiciaires) afférentes à des dossiers beaucoup plus graves", sans donner de détails.

La modification soumise à référendum, que l'opposition radicale juge illégale, prévoit notamment la suppression de plusieurs institutions, y compris le Sénat.

Une vingtaine de sénateurs poursuivaient jeudi leur sit-in, entamé la veille, au sein du Parlement placé sous haute surveillance policière. Par solidarité, des députés de l'opposition ont entamé un mouvement similaire.

Le président mauritanien, qui a appelé à un vote massif en faveur du +oui+, a souligné que la suppression de la Haute cour de justice, habilitée à juger le Président de la république, avait été retirée du projet.

"Nous l'avons enlevée car l'opposition a voulu y voir une certaine crainte chez le président et ses ministres d'être jugés, alors que nous n'avons rien à craindre" a -t-il lancé.

Peu avant le meeting, la police a dispersé à coups de gaz lacrymogène des manifestants dans trois quartiers de Nouakchott.

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