Jeudi 23 Novembre 2017

Mauritanie: « Je paie au prix de ma liberté la lutte pacifique contre l’esclavage »

Mauritanie: « Je paie au prix de ma liberté la lutte pacifique contre l’esclavage »
(Le Monde 13/11/17)
Une manifestation contre l'esclavage et la discrimination à Nouakchott, le 29 avril 2015.

Le militant Moussa Biram écrit une lettre d’une prison du désert mauritanien où il est en détention depuis cinq cents jours avec Abdallahi Mattalah.

Ce 13 novembre 2017, cela fait cinq cents jours que Moussa Biram, un militant de l’Initiative pour la résurgence du mouvement abolitionniste (IRA) en Mauritanie, est en détention avec son camarade Abdallahi Mattalah. Après trois transferts, ils sont dans une prison du désert dans le nord du pays, d’où Moussa écrit une lettre ouverte pour rappeler leurs conditions de détention tout en réaffirmant leur détermination à se battre contre l’esclavage.

Ce matin encore, comme depuis cinq cents jours, nous nous sommes réveillés en prison. Cela fait plus de seize mois que mon ami Abdallahi et moi sommes éloignés de nos familles et amis, détenus dans ce no man’s land, au milieu du désert de Bir Moghreïn, à la pointe nord de la Mauritanie. Ici, nos journées restent noires, chaudes, sans contact humain extérieur et sans possibilité d’échanger avec nos codétenus, en majorité des condamnés à mort.

Nous sommes donc en prison depuis cinq cents jours privés de voir les êtres chers qui comptent dans notre vie : nous ratons les sourires innocents de nos enfants et manquons des moments privilégiés avec nos épouses et amis. Nous sommes en train de payer le prix fort de notre lutte pacifique contre l’esclavage et la discrimination en Mauritanie.
Torturés dans une prison secrète

Abdallahi et moi sommes certes nés libres, mais nous sommes tous deux des descendants d’esclaves. Dans notre pays, la Mauritanie, la pratique de l’esclavage — bien qu’interdite — se perpétue. Des familles entières appartiennent encore à la famille de leurs maîtres, et sont contraintes de servir toute leur vie leurs propriétaires.

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