Dimanche 17 Décembre 2017

Mauritanie : Abdelaziz et Bouamatou, cousins ennemis

Mauritanie : Abdelaziz et Bouamatou, cousins ennemis
(Jeune Afrique 21/09/17)
Le président mauritanien, Mohamed Ould Abdelaziz

Le président Mohamed Ould Abdelaziz s’est dit satisfait que les réformes constitutionnelles qu’il préconisait aient été adoptées par le peuple mauritanien à la majorité de 85,6 % des suffrages exprimés, lors du référendum du 5 août.

On l’imaginait pressé de mettre en place les nouveaux conseils régionaux, désormais substituts du Sénat et préalable à une décentralisation bienvenue. Pourtant, à Nouakchott, l’heure est plutôt à la répression postélectorale. Le 1er septembre, des journalistes, des syndicalistes et une sénatrice ont été placés sous contrôle judiciaire. Un sénateur, Mohamed Ould Ghadda, a été maintenu en détention. Tous sont soupçonnés d’avoir reçu ou distribué de l’argent de Mohamed Ould Bouamatou, principal homme d’affaires du pays, en exil volontaire à Marrakech et cousin détesté du chef de l’État, pour faire capoter la révision constitutionnelle projetée. Les autorités ont même annoncé l’émission d’un mandat d’arrêt international contre lui.

S’opposer à une telle réforme n’a en soi rien de répréhensible. N’est-ce pas le b.a.-ba de la démocratie que l’opposition puisse s’opposer ? Mais l’incrimination de corruption pose d’autres questions. Selon la rumeur nouakchottoise, des sénateurs ont accepté de voter non au projet présidentiel en échange de 5 000 euros car le chef de l’État avait refusé de leur allouer les deux ans et demi de salaires qu’ils réclamaient à titre de dédommagement pour la suppression de leur assemblée. Mais selon la même rumeur, des sénateurs avaient reçu auparavant du gouvernement un terrain à lotir, voire une licence de pêche pour voter oui.

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