Jeudi 20 Juillet 2017

Université de Maurice: la faculté des études océanographiques en suspens

Université de Maurice: la faculté des études océanographiques en suspens
(L'Express.mu 13/07/17)

À peine trois ans après avoir vu le jour, la faculté d’études océanographiques de l’université de Maurice (UoM) est dans l’oeil du cyclone. Elle a fait l’objet d’un des principaux items discutés lors de la dernière réunion du conseil d’administration, vendredi dernier. Créée en mai 2014, elle pourrait cesser d’exister et être réduite à un simple département tombant sous l’égide de la faculté des sciences…

Contacté, Sanjeev Sobhee, Pro VC Academia, a confirmé que ce dossier sera présenté lors de la prochaine réunion du conseil d’administration vendredi. Pourquoi la faculté n’arrive-t-elle pas à fonctionner comme elle le devrait ?

Selon nos informations, les moyens financiers mis à sa disposition demeurent assez limités. Pour cause, plusieurs programmes qui ont été «advertised» n’ont finalement pas pu voir le jour, étant donné le désintérêt des étudiants pour ces filières.

Il nous revient que pour certains cours, uniquement une dizaine d’élèves se sont inscrits. Soit une soixantaine d’étudiants inscrits depuis trois années. De plus, seul le département Marine and Ocean Science, Fisheries and Mariculture est opérationnel et justifie la quantité de travail dont doivent s’acquitter les enseignants.

Le manque d’équipements spécialisés et d’infrastructures contribue aussi aux difficultés auxquelles la faculté fait face. Un constat partagé par Saahir Goolfee, président de la Student Union. Il estime que le fait de ne pas avoir de laboratoire spécialisé, «qui réponde aux demandes de la faculté», contribue à décourager les étudiants à s’inscrire. «À chaque fois que nous devons effectuer des exercices pratiques, nous devons aller dans le laboratoire d’une autre faculté», soutient un étudiant en deuxième année de BSc en Marine Environmental Science.

Pour un autre élève, les enseignants ne sont pas forcément des spécialistes du module qu’ils enseignent. Pour les deux étudiants, cependant, la faculté a «dupotentiel» et il faudrait, au contraire, essayer de la sauver. «Surtout que le gouvernement mise sur l’océan pour développer l’économie», souligne-t-on.

«Cinq enseignants qui ont été postés dans cette faculté demandent à retourner à leurs anciens postes», fait-on remarquer, par ailleurs, dans les milieux concernés. La proposition d’intégrer la faculté à celle des sciences a quant à elle été faite par le vicechancelier (VC) de l’UoM, Dhanjay Jhurry.

Il nous revient qu’une autre solution proposée concernait la fusion de la faculté d’études océanographiques avec celle de l’agriculture. Mais cette option a vite été abandonnée. Toutefois, la fusion avec la faculté des sciences devrait permettre aux cours déjà lancés de continuer à se faire. Parmi eux, BSc (Hons) Marine & Environmental Sciences (Première et deuxième année), MSc Coastal and Ocean Management (deuxième année) et BSc (Hons) Geomatics (deuxième année). Le VC se trouve actuellement à l’étranger et est resté injoignable pour un commentaire.

La fermeture de l’antenne locale d’Aberystwyth évoquée
Le campus mauricien de l’université d’Aberystwyth aurait essuyé des pertes de près de Rs 9 millions pendant sa première année d’opération. C’est la raison pour laquelle sa fermeture a été évoquée auParlement du Pays de Galles. C’est ce que fait valoir un article paru sur le site en ligne de la BBC jeudi.

«Le campus, qui a ouvert ses portes en 2015, a été construit pour accommoder 2 000 étudiants. Mais il n’a accueilli jusqu’ici que 106», indique l’article de la BBC. Selon le site d’information, l’université avait déjà annoncé des licenciements pour motif économique en mai.

D’ailleurs, l’ouverture d’un campus de l’université d’Aberystwyth sur le sol mauricien n’a pas toujours fait l’unanimité. Selon la BBC, l’année dernière, un ancien vice-chancelier de l’université a qualifié l’établissement de «madness» après que seulement 40 étudiants se sont inscrits pour la première année.

Simon Thomas, membre de l’Assemblée galloise, a soutenu que si le campus universitaire ne générait pas d’argent, «the plug must be pulled on the scheme». Un porte-parole du campus de Maurice a cependant maintenu à la B BC qu’à Maurice, l’administration fait de son mieux pour réduire les pertes.

Sollicitée par «l’express», la Tertiary Education Commission dit n’être en présence d’aucune information officielle quant à un possible retrait de l’université d’Aberystwyth du sol mauricien. Du côté du campus de l’université galloise, personne n’a répondu à nos appels.

Commentaires facebook