Lundi 19 Février 2018

Maurice : « Ceux qui nous accusent d’être un paradis fiscal n’ont pas de preuves »

Maurice : « Ceux qui nous accusent d’être un paradis fiscal n’ont pas de preuves »
(Jeune Afrique 06/02/18)
Pravind Kumar Jugnauth, Premier ministre mauricien

Pravind Kumar Jugnauth, Premier ministre mauricien, revient pour Jeune Afrique sur la non ratification par son pays des nouvelles règles de financement de l'Union africaine proposées par Paul Kagame. Il réfute également les accusations portées par ceux qui considèrent l'île comme un paradis fiscal.

Leader du Mouvement socialiste militant, l’ancien ministre des Finances de la petite île de l’Océan indien est devenu Premier ministre en janvier 2017, suite à la démission de son père, Anerood Jugnauth. Fin janvier, en marge du sommet de l’UA en Éthiopie, il a accordé un entretien à Jeune Afrique.

Jeune Afrique : Parmi les éléments de réforme de l’UA portée par le président rwandais Paul Kagame, la taxe de 0,2 % sur les importations semble avoir particulièrement posé problème à Maurice…

Pravind Kumar Jugnauth : Maurice est totalement d’accord avec le fait que l’Union africaine ne peut pas être totalement financée par des pays qui n’en font pas partie. Que nous puissions financer nous-mêmes nos activités est un principe fondamental.

Nous appuyons donc les mesures qui vont dans ce sens. Mais cette taxe nous posait un petit problème. Nous sommes néanmoins tombés d’accord, après les discussions que nous avons eu en huis clos, sur la formule que nous appliquerons. Je pense d’ailleurs qu’il faut une certaine flexibilité sur la manière dont on applique le prélèvement, pour chaque pays, le plus important étant d’arriver à l’autofinancement de l’UA.

Concrètement, quel obstacle vous empêche de ratifier cet accord ?

Maurice importe presque la totalité de ses besoins, notamment au niveau alimentaire, et nous ne voulions pas faire porter le fardeau de cette taxe sur la population mauricienne, car aussi minime qu’elle soit, il s’agira bien d’une taxe additionnelle.

Nos engagements auprès de l’Organisation mondiale du commerce étaient un autre obstacle. Tout cela a donc été pris en considération : nous avons déterminé la somme que nous devrons verser à l’UA, et nous choisirons le mode de prélèvement qui nous convient le mieux.

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