Mardi 17 Octobre 2017

L’impôt sur le revenu sur le tapis

L’impôt sur le revenu sur le tapis
(Le Défi Média 17/05/17)

La grande majorité des analystes se prononcent contre une baisse du taux d’imposition pour les sociétés et contre la réintroduction d’un taux progressif pour les particuliers.

1. Quel aura été l’impact du dernier budget sur la croissance de l’économie mauricienne ?

Impact peu positif du dernier budget

Pour 83 % des sondés, le budget de 2016-2017 aura eu un impact peu positif sur la croissance économique. Un analyste déplore
qu’« on attend toujours les démarrages de certains projets ». « Major infrastructure works have yet to begin », renchérit un autre. Il y a eu, dira un troisième, « beaucoup de bonnes annonces, mais aucune mise en oeuvre. » Un quatrième déclare n’avoir vu « any announcement of new industries or sectors being developed since the last budget ». Comme le résume un économiste, « in spite of relative progress made in some areas, national investment has been exerting a contained impact on the country’s real GDP growth so far, as a result notably of lingering project implementation delays compounded by reversal of some decisions ».

2. Combien de bonnes mesures économiques attendez-vous dans le prochain budget ?

Suffisamment de mesures pour l’économie

Il n’y aura pas beaucoup de mesures économiques dans le prochain budget, mais 57 % de répondants y attendent suffisamment de mesures. L’un d’entre eux estime que « c’est le moment opportun de venir avec des mesures pour booster la croissance d’ici à 2019, l’année des élections générales ». « But what about implementation? », se demande un analyste. Un autre craint aussi « a lot of statements but very little in terms of realisations ». Même si « the Budget would, in all likelihood and in line with recent announcements by the authorities, contain several measures that are intended to boost the country’s economic performance », un économiste souligne que « the real as well as the longer-term significance and effectiveness of future pronouncements should be clearly assessed. » Et d’ajouter que « the extent and timeliness to which announced measures are brought to fruition should call for close monitoring. »

3. Faut-il baisser l’impôt sur les sociétés ?
OUI pour TOUS les secteurs 3%
OUI pour CERTAINS secteurs 27%
NON 70%
Faut-il baisser l’impôt sur les sociétés ?

L’impôt sur les sociétés est de 15 %. Certains demandent de baisser le taux pour « les PME qui ont un profit de moins de Rs 500 000 », et d’imposer « all export-led activities at 5 %. » Mais sept analystes sur dix sont en faveur du statu quo. D’abord, « le taux est suffisamment attractif ». Ensuite, « it is already low », et « the government cannot afford to lose out on tax revenue ». Et puis, « 15 % is a rate which reconciles the twin imperatives of facilitating growth and social distribution ». D’ailleurs, « tax is not all to whip entrepreneurship and job creation ». Il y a aussi « a need to create an ecosystem that favours business: rule of law, independence of the judiciary from political interference, diligent and less time consuming court processes, ease of obtaining permits or silent approval, good infrastructure, reasonable renting rates, a vibrant democracy and social mobility ».

4. Concernant l’impôt sur le revenu personnel, faut-il remplacer le taux uniforme de 15% par un taux progressif ?

Maintenir l’impôt plat de 15%

Le Flat Tax séduit 83 % des sondés, puisqu’ils rejettent l’idée de remplacer le taux uniforme de 15 % par un taux progressif. Pour eux, « the alignment of the corporate and the personal income tax rates was the best measure to avoid any tax avoidance schemes ». Autrement, « any progressive tax will see a return to fiscal evasion by high income earners and cause a further erosion of national savings ». Au lieu d’un taux marginal plus élevé, « land value tax, progressive consumption tax and inheritance taxes would do more to solve income inequality ». Il faut éviter « the potential distortionary effects of an uneven fiscal regime », car « the preservation of a low, simple and unified income tax rate is an essential condition to boost investor confidence and business sentiment ».

5. À quel niveau le déficit budgétaire devient inquiétant pour vous dans le contexte actuel ?
Au-dessus de 3,0% du PIB 17%
Au-dessus de 4,0% du PIB 50%
Au-dessus de 5,0% du PIB 33%
Le déficit budgétaire à surveiller

Le dernier budget visait un déficit budgétaire de 3,3 % du produit intérieur brut (PIB) pour l'année 2016-2017, mais le taux pourrait dépasser les 4,0 %. Si cela s'avérait, deux tiers des sondés le trouveraient inquiétant. Dans le contexte actuel de marasme économique, « the 3 % target is too restrictive anyway for an economy like Mauritius that is not diversified enough, and many leading economists now believe that governments should stimulate the economy through judicious government spending ». Reste que, selon un analyste, « beyond the budget deficit, close scrutiny should be kept on other metrics such as debt indicators and in particular the primary balance which is a key driver of debt sustainability ». Or, avec un déficit primaire (excluant le paiement des intérêts) de 0,8 % du PIB, les finances publiques ne sont pas au beau fixe.

6. Avec l’adoption du Business Facilitation Bill, la facilitation des affaires va dans la pratique...
Beaucoup s’améliorer 10%
Peu s’améliorer 73%
Rester inchangé 17%
Les lois différentes de la pratique

L’Assemblée nationale est en passe d’adopter des amendements à 26 lois relatives à des permis et à des autorisations pour faciliter le développement de l’activité économique. Néanmoins, pour 73 % de répondants, le processus administratif va peu s’améliorer dans la pratique. Car « when it comes to implementation, the devil lies in the details ». À preuve, « Smart City is yet to come out of the ground ». Pour le dire poliment, « not enough is being done », et « potential improvements will take time to happen ». Plus sévèrement, « with all the allegations of corruption, nothing will change and nobody in his right mind will invest ». Du reste, « our so-called industry captains feel chilly and are waiting for a strong government to decide whether to invest ».

7. Êtes-vous favorable à l’introduction du salaire minimum national ?

Le salaire minimum divise

Le gouvernement envisage d’introduire en 2018 un salaire minimum national (uniforme pour tous les secteurs et pour tous les postes de travail). Ce concept divise les analystes de manière égale. Pour ses partisans, « il faut que chaque citoyen ait un salaire décent pour pouvoir faire vivre sa famille ». Le salaire minimum représente « the cost of buying social peace as there are too many people below the poverty line ». Pour certains, il doit concerner « seulement les emplois à plein temps », et être « subject to associating with each post a minimum of activities to be covered within the working hours, and to greater flexibility when it comes to economic distress of companies and non performance of workers ». Mais selon les opposants, « cela risque d’encourager les employeurs à être plus sélectifs et à licencier », augmentant ainsi le chômage.

8. Pour vous, quelle est la proportion du salaire médian (comme salaire minimum national) susceptible de favoriser le chômage ?
Au-dessus de 40% (Rs 5 120) 7%
Au-dessus de 50% (Rs 6 400) 17%
Au-dessus de 60% (Rs 7 680) 50%
Au-dessus de 70% (Rs 8 960) 27%
À 60 % du salaire médian

Le salaire minimum sera déterminé comme une proportion du salaire médian, estimé à Rs 12 800 pour l’année 2017. Trois quarts des sondés estiment qu’il favorisera le chômage s’il est fixé à plus de 60 % du salaire médian (Rs 7 680). Un analyste ne croit pas qu’il y aura des « massive redundancies as local companies cannot automate most of their operations in view of limited availability of capital ». Un économiste met, toutefois, en cause l’uniformité salariale : « While the concept is appealing and has its raison d’être, it might be important that the minimum salary takes into account the intrinsic characteristics of each sector, notably its growth potential and its productivity levels. » Certes, « everyone should have a decent salary but at the same time we must ensure that employment creation capacity and financial state of firms (especially small and medium enterprises) are not unduly jeopardised ».

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