Samedi 24 Juin 2017

L'île Maurice au bord de l'asphyxie

L'île Maurice au bord de l'asphyxie
(Zinfos974 17/05/17)

Si on suit la logique du gouvernement, il faudra bientôt expulser les mauriciens pour créer de l'espace pour les touristes. Après avoir eu la chouette idée de redessiner toute l'île en créant des ghettos pour riches retraités et milliardaires étrangers sous l'appellation très smart de "Smart cities" dites villes intelligentes. On se retrouve comme dans un dangereux jeu de Sim City, addictif et hors de contrôle.

L'île Maurice attire chaque année près d'1,5 million de visiteurs. Mais, comme dans tous les grands sites touristiques, cette affluence a des conséquences sur l'environnement. Et une partie de la population commence à protester. Cocotiers, soleil et eau chaude, à quoi ressemble donc l’envers du décor.

Entre les centres commerciaux fantômes qui champignonnent et dont les méchantes langues ou langues avisées disent qu'ils servent au blanchiment d'argent, les IRS, RES, PDS, IHS...L'île ne cesse de se bétonner et perd ainsi tout son cachet.

Gaetan Siew, le Mahé La Bourdonnais local à grand frais et à nos frais, a redessiné toute l'île avec des projets immobiliers qui se font à l'étranger pour les implanter à Maurice. Le personnage sévit sur différents boards pour le développement de l'île. Tout en développant très certainement son carnet d'adresse et des contrats pour son cabinet d'architecture. Le dernier délire du sieur, avec un autre compère cette fois-ci de la presse, ils veulent redessiner Port-Louis selon leurs visions. Vu combien c'est payé, on a tous envie de prendre des crayons de couleurs et de gribouiller.

Dans une certaine fatalité et laxisme, le littoral de l'ile et les côtes mauriciennes ont été habitées, puis grignotées entre plages privées, îlots privés et projet hôteliers ou immobiliers.
120 km de sable fin sur une ligne côtière totale de 320 km constituait le potentiel paradisiaque de la belle île tropicale. Cette histoire finit mal puisque "le million d’habitants qui aiment la mer, les filaos et le bruit du vent" n’avait plus à partir de 2003 que 26 kilomètres pour ses journées de détente et de rêverie, ses pique-niques en famille et jeux de plage.

L'occupation voire l’appropriation continuent avec des projets plus ou moins autorisés et une politique de redistribution à une seule et même poignée de famille qui détiennent l'économie du pays entre leurs mains depuis l'Indépendance.

La liste des projets sous l’égide du Board of Investment (BoI), est que le nombre de villas, bungalows, appartements, duplexes, ‘penthouses’, pavillons, qui devraient émerger de nos terres dans quelques années, se situe au-delà de 4 640 unités.

La BoI c'est cet organisme dont la signature vaut de l'or. Gérard Sanspeur, un camarade de jeu et complice de Siew y sévit. Proche très proche de la famille Ramdanee, belle-famille du petit Pravind qui ont eux aussi, le hasard fait bien les choses, des complexes hôteliers à travers l'île.

Dans ce contexte de copinages, Maurice a introduit plusieurs dispositifs, au fil des années, pour attirer les investisseurs et professionnels étrangers.

2002, les ressortissants étrangers obtiennent un permis de séjour sous l’Integrated Resort Scheme (IRS).
2006, l’Occupation Permit est octroyé aux investisseurs et ressortissants étrangers travaillant à leur propre compte. Aussi, le permis de séjour est accordé aux ressortissants retraités qui effectuent un transfert d’USD 120 000 sur une période de trois ans.
2007, les autorités accordent également l’Occupation Permit aux professionnels étrangers.
2009, on a introduit le Real Estate Scheme (RES) et l’Invest Hotel Scheme (IHS). 2012, on accorde la résidence permanente pour une période de dix ans.
2015, le concept de Smart City a été introduit, de même que le Property Development Scheme (PDS).
2016, la Non-Citizens (Property Restriction) Act a été modifiée pour permettre aux étrangers fortunés d’acheter des appartements qui coûtent au-delà de 150 000€.

Les acheteurs sont issus principalement de France (45%), d’Afrique du Sud (20%) et du Royaume-Uni (9%).

Le paysage immobilier a vu l’émergence de nouveaux projets IRS et RES comme Azuri IRS, La Balise Marina ou encore Le Domaine des Alizés. Exclusivement pour les étrangers vu les prix pratiqués en terme d'investissement. Il y a certes des milliardaires mauriciens, mais les unités, sous l’IRS, sont vendues à un prix dépassant les USD 500 000. Soit plus de 20 millions de roupies.

Dans la foulée et dans cette démesure, Hector Espitalier-Noël, Chief Executive Officer du groupe ENL dévoile un investissement de Rs 25 milliards sur les dix prochaines années pour son Moka Smart City. Moka cœur de l'île, circonscription du petit Pravind et invité d’honneur de l’évènement.

Un énième développement pour la classe aisée. Si on nous vend à l'envie les créations d'emplois, ils oublient d'annoncer que ces emplois générés sont principalement d'aides ménagères, d'entretien et de gardiennage, chauffeurs. Une des raisons pour laquelle, peut-être, il y a une telle désillusion chez la jeunesse mauricienne dont le taux de chômage ne cesse de grimper.

En créant et creusant ces inégalités de classes, certains se réfugient dans la drogue et d'autres dans la délinquance. Les faits divers reflètent l'état d'esprit du pays. Le taux de criminalité est en recrudescence.

PROJETS LES SALINES : 6 PROMOTEURS OBTIENNENT LE FEU VERT DU GOUVERNEMENT

Beachcomber, Société Horizon Sweets, Hyvec Partners, South Seas Development Co. Ltd, Les Salines Golf & Resorts Ltd et Four H Co. Ltd ont été retenues pour développer les terres de l’État aux Salines, indiquait mercredi dernier le ministre du Logement et des Terres Showkutally Soodhun à la presse.

Le groupe Beachcomber. 175 000 000€ dans un projet hôtelier.
Société Horizon Sweets. 10 millions d'euros dans un hôtel.
Hyvec Partners. 25 000 000€.
South Seas Development Co. Ltd bâtira un hôtel et des chalets. 1 100 000€.
Les Salines Golf & Resorts Ltd. 33 250 000€ pour un hôtel.
Four H Co. Ltd un projet de barachois et d’hôtel. 275 000 000€ d’investissement.

Malgré les alertes répétées du collectif Aret Kokin Nu Laplaz (AKNL) et diverses associations de la protection du patrimoine. Rien n'y fait

Faut-il rappeler que Maurice n’est qu’un pays parmi 196 pays dans ce monde et que la majorité d’entre eux n'a pas le secteur touristique comme pilier de l'économie.

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