Vendredi 17 Novembre 2017

Baromètre économique de pluriconseil : accès de fixation sur le dollar

Baromètre économique de pluriconseil : accès de fixation sur le dollar
(Le Défi Média 13/09/17)

Alors que le gouvernement décide de subventionner les exportateurs textiles pour leurs pertes au change, les analystes prévoient que le cours vendeur du dollar américain remontera au-dessus de Rs 34 d’ici à la fin de l’année.

Selon vous, le niveau d'insécurité à Maurice perçu par les touristes serait...

Niveau d’insécurité grandissant
À la suite du meurtre d’une expatriée écossaise et d’une expatriée sud-africaine, il convient de connaître la perception des touristes sur le niveau d'insécurité à Maurice. Un tiers des sondés sont du même avis de cet économiste que « the law and order landscape is possibly not viewed in a negative light by tourists in relative terms, the more so given the sustained rise in arrivals observed in recent months ». En effet, « things are not that bad as portrayed in the press », et d’ailleurs, « the bulk of the tourists live in a cocoon, and many do not read newspapers ». Sinon, pour 57 % des répondants, les visiteurs voient grandir le niveau d’insécurité dans notre pays, ce qui fait que « foreigners will start worrying and the consequences will be dire upon our fragile tourist industry ».

Comment voyez-vous les perspectives de l’exportation sucrière pour les cinq prochaines années ?

Les exportateurs sucriers dans l’incertitude
Principal marché d’exportation du sucre mauricien, l’Union européenne va abolir ses quotas sucriers le 1er octobre prochain, outre le fait que les prix sucriers sont déjà libéralisés. Pour 37 % des sondés, les perspectives quinquennales de l’exportation sucrière sont sombres eu égard à l’accroissement des coûts et au déclin de la productivité, d’où la stratégie de diversification des groupes sucriers. Ainsi, « unless there is investment in capital goods and in research and development, which leads to productivity gains and cost reduction, the sugar sector will not be able to compete with international players ». Pour survivre comme les industriels textiles devant l’incertitude, « the owners must be free from political and historical shackles ».

Quel est le principal facteur des difficultés actuelles de l’industrie textile ?

La concurrence 33%
Les coûts 7%
La productivité 30%
Le taux de change 30%
Le poids relatif de la roupie
Outre le taux de change, la concurrence et la productivité ont aussi une influence plus ou moins égale sur les difficultés de l’industrie textile. Si l’on ajoute les coûts, « the four factors are interlinked and interrelated ». D'abord, « our foreign competitors have already invested heavily in Industry 4.0 which makes them more competitive, while our textile producers stick to mass production strategies instead of specialising in niche markets ». Puis, « the cost of running a competitive export business here is becoming unviable ». Ensuite, « the inherent productivity levels exhibited by the sector have been somewhat under-par in recent times ». Enfin, « the real effective exchange rate, which includes cost differentials, is fundamentally overvalued ».

Une dépréciation constante de la roupie peut-elle réduire le déficit commercial à moyen terme ?

La dépréciation monétaire n’est pas la solution
Deux tiers des analystes pensent que ce n’est pas en dépréciant constamment la roupie qu’on réduira notre déficit commercial même à moyen terme. Certes, « a sustained decline in the external value of the rupee can contribute per se to boost the exports’ competitiveness, enhance gross receipts therefrom and improve the external balances of the country, but this is not a foregone matter ». Car « Mauritius is a very open economy », et « for a country relying so much on imports, sustained rupee depreciation is questionable over the medium and long term unless our value-adding activity goes up ». Si « a strategy of depreciating the local currency is akin to giving cough medicine to a patient suffering from lung cancer », nous augmenterons les exportations « only by increasing our productivity and looking for new markets ».

Quel taux de change de la roupie contre le dollar attendez-vous d'ici à la fin de l'année 2017 ?

En dessous de Rs 34 33%
Entre Rs 34 et Rs 36 67%
Au dessus de Rs 36 0%
Le dollar remontera quelque peu
Au début de janvier, 83 % des participants de notre baromètre d'alors pensaient que le cours vendeur du dollar américain dépasserait Rs 37 d'ici à la fin de l'année. Aujourd'hui, personne ne voit le billet vert passer au-dessus de Rs 36 d'ici à décembre. Comme quoi il est très difficile d'anticiper les mouvements de change. Il faut faire ressortir que « it is not a strengthening of the rupee but a weakening of the dollar » pour des raisons proprement américaines comme « the Trump effect, the decrease in the median income of the US middle class, the feuding between the three branches of the US government, and the failure of the US Congress to pass tax reforms and to repeal the Affordable Care Act ». Néanmoins, « once the North Korean crisis is over, the dollar will bounce back as there is no alternative when 60% of global trade is settled in dollars ».

À quand prévoyez-vous une hausse du Repo Rate ?

Quatrième trimestre 2017 7%
Premier trimestre 2018 30%
Deuxième trimestre 2018 13%
Après juin 2018 50%
Pas de resserrement monétaire de sitôt
Pas plus tard que le mois dernier, la mission du Fonds monétaire international a recommandé un resserrement de la politique monétaire. Un sondé sur deux est d’avis qu’une hausse du taux directeur interviendrait avant le second semestre de 2018. Les analystes se sont toutefois prononcés avant l’annonce, faite dans l’après-midi de mercredi dernier, de la nouvelle baisse du taux repo. Reste que les opinions exprimées témoignent de fortes anticipations inflationnistes. Un répondant souligne que « the Financial Stability Report of the Bank of Mauritius highlighted that there were inflationary pressures ». Mais un autre affirme que « it is a meaningless rate ».

Faut-il renouveler le mandat de Rameswurlall Basant Roi comme gouverneur de la Banque de Maurice ?

Pas d’alternative à Basant Roi
Le mandat de Rameswurlall Basant Roi comme gouverneur de la Banque de Maurice expirera en janvier 2018. La majorité des personnes interrogées souhaitent qu’il soit renouvelé. Car « he has generally been doing a good job in promoting a sound banking system with a constructive dialogue held with operators ». À preuve, « he has received accolades from the international press and more recently from the Bretton Woods Committee. The markets will be unsettled if he is removed. » Si le Premier ministre tient néanmoins à le remplacer, « it is essential that the credentials and track record of the earmarked candidates be favoured over political proximity ». En fait, « it is time that a younger technician without political ties takes over ». Sinon, « appointment of a political nominee who knows little will be catastrophic ».

Dans quelle mesure la mise en chantier du projet Metro Express gênera l'activité économique ?

L’activité économique peu gênée
La monstrueuse congestion routière occasionnée par la fermeture de routes pour permettre la démolition de maisons à La Butte a soulevé la question de savoir si les travaux de construction du Metro Express sont susceptibles de gêner l’activité économique. Deux tiers des sondés estiment que l’incidence sera faible. Si certains anticipent « a boost to construction and its beneficial multiplier effect » ainsi que « new businesses set up and higher demand for land located near the Metro route », d’autres craignent que « our road network, already under huge pressures, will suffer even more through the disruptions caused by blocking major traffic arteries. Delays and traffic congestions will definitely increase ». En fin de compte, « the social instability will outweigh the benefit ». Pire, « Metro Express sera une catastrophe monumentale pour l’économie ».

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