Mardi 24 Avril 2018

Maroc: le secteur de l'automobile passe à la vitesse supérieure

Maroc: le secteur de l'automobile passe à la vitesse supérieure
(AFP 12/12/17)

Le Maroc qui se revendique comme le premier constructeur automobile de la région Moyen-Orient Afrique du Nord compte renforcer sa position avec la prochaine installation de 26 usines d'équipementiers et d'une usine de voitures électriques.

Une série de conventions d'investissements a été signée lundi avec des constructeurs automobiles français pour l'implantation de 26 usines de sous-traitants automobiles pour un montant de plus d'un milliard d'euros d'investissements.

Les conventions concernant ces nouveaux sites qui opèreront principalement pour le compte des groupes français Renault et PSA Peugeot Citroën représentent des investissements de "1,23 milliard d'euros", avec à la clé la création de "11.568 emplois directs", a annoncé dans une allocution le ministre marocain de l'Industrie, Moulay Hafid Elalamy.

"Le tissu d'équipementiers de l'automobile est de classe mondiale", s'est-il félicité au cours de la cérémonie de signature organisée au palais royal de Casablanca en présence du roi Mohammed VI, de plusieurs ministres, hommes d'affaires marocains et patrons étrangers du secteur de l'automobile.

Samedi, c'est également au palais royal de Casablanca et en présence du roi que le géant chinois BYD ("Build Your Dreams") a signé un accord pour l'installation d'une usine de voitures électriques près de Tanger.

Le protocole d'accord avec BYD prévoit également la construction à terme de trois autres usines (batteries électriques, bus et camions électriques, trains électriques). Aucune information n'a filtré sur le montant des investissements prévus au Maroc, ni sur la date de mise en service des sites.

En revanche, les nouveaux investissements signés lundi sont "en cours ou seront engagés dans les prochains jours", a précisé à l'AFP le président de l'Association marocaine pour l'industrie et le commerce de l'automobile (Amica), Hakim Abdelmoumen. Ils concernent aussi bien des équipementiers français qu'espagnols, japonais ou américains (jantes en aluminium, de tableaux de bord, de pare-chocs...), selon les informations obtenues à Casablanca.

- 'Top 7 mondial' -

La marque au losange a signé six accords avec des équipementiers dans le cadre d'un "écosystème Renault", PSA en a signé 13 pour le développement du sien dans le royaume, selon les informations obtenues lors de la cérémonie de signature.

L'équipementier français Valeo a, lui, signé deux conventions, et les cinq autres investissements seront réalisés dans le cadre du développement de "l'écosystème câblage et connectique".

Le Maroc mène depuis quelques années une ambitieuse stratégie d'industrialisation, notamment à Tanger (nord), ville d'un million d'habitants dotée d'un port en eaux profondes et d'une zone franche, où se sont développés plusieurs parcs industriels. Cette dynamique concerne surtout les secteurs de l'automobile et de l'aéronautique, tandis que le textile traverse une période de crise.

Avec ces investissements, le Maroc s'approche de son objectif d'"intégrer le top 7 mondial de l’industrie automobile dans les prochaines années", a estimé l'agence marocaine MAP.

- Premier exportateur -

Le secteur automobile est devenu le premier exportateur du pays, devant les phosphates, pilier de l'économie marocaine, en valeur à l'export, selon les informations diffusées lundi par les autorités marocaines.

"L'industrie automobile a atteint un chiffre d'affaires à l'export de 70 milliards de dirhams (6,5 milliards d'euros), et vise les 100 milliards d'ici 2020", d'après le ministre marocain de l'Industrie, qui a fait du développement d'"écosystèmes" son cheval de bataille.

Renault a ouvert en 2012 au Maroc, sur la zone franche de Tanger, sa plus grande usine d'Afrique avec 1,1  milliard d'euros investis et 7. 000 employés à ce jour.

PSA a pour sa part démarré la construction d'une usine à Kenitra, au nord de Rabat, où 90.000 véhicules doivent être produits annuellement à partir de 2019, avec un taux d'intégration (c'est-à-dire de pièces fabriquées sur place) d'au moins 60%.

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