Jeudi 25 Mai 2017

Communiqué de l’Assemblée Mondiale Amazighe-Maroc contre l’abus de pouvoir et pour l’autonomie des régions au Maroc

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L’Assemblée Mondiale Amazighe, durant les années précédentes, observe la vague de détresse populaire dans différentes régions et zones du Maroc, due aux politiques du pouvoir, caractérisées par la domination et la minimisation des citoyens ainsi que l’ignorance de leurs revendications, la non prise de leurs préoccupations et la mise en équation de leur avenir.

De ce fait, il est normal que l’assassinat d’Omar Khaleq « Izm », étudiant militant dans les rangs du Mouvement Culturel Amazighe au mois de janvier de l’année dernière, de même que l’assassinat du citoyen Mouhssin Fikri dans la ville de Al-Houssima de manière abjecte dans un camion d’ordure, conduisent à attiser la contestation général à l’égard des politiques de l’Etat. Politique dénoncée, dans différents régions du Maroc, par des citoyens qui la considère comme une politique orientée contre eux, qui œuvre à leur exclusion et marginalisation, en les privant de tous leurs droits sociaux, économiques, culturels et politiques. Ne profite de cette politique que l’élite dominante, y compris les responsables élus qui gèrent les affaires du pays.

L’Assemblée Mondiale Amazighe -Maroc, suite à la déception et au désespoir qui ont touché des pans larges de la société et relatifs à l’abandon de l’Etat de ses promesses après la dynamique protestataire au Maroc il y a cinq ans, estime que le grand danger qui menace le Maroc aujourd’hui, est tributaire de la minimisation de l’Etat ainsi que son insouciance vis-à-vis des citoyens qui sont sortis par milliers dans les avenues du Rif, au nord du Maroc. Ces citoyens se mobilisent toujours dans le Sous et continuent leur protestation dans le Sud-est. Il s’agit de mépris et de minimisation qui inspirent le rejet et brime les consciences quant à l’ignorance de l’Etat de milliers de citoyens qui ont organisé une marche à pied, sur une centaine de kilomètres, de la commune d’Anergui vers la ville de Ait (Béni) Mellal. Leur but est une simple réclamation : la construction d’un collège dans leur région pour permettre la scolarisation de leurs enfants.

L’Assemblée Mondiale Amazighe-Maroc, insistant sur ce qui se passe à l’intérieur du Maroc, sonne l’alarme et dénonce l’indifférence de l’Etat vis-à-vis de ce danger qui menace le pays, alimenté par ses politiques de discrimination, et appelle à ce qui suit :
Nous considérons les manifestations des citoyens et la réaction de l’Etat comme expression de l’échec d’un modèle du pouvoir marocain qui s’est perpétué depuis la fin des années cinquante du siècle passé jusqu’à aujourd’hui. Modèle qui n’a pas été amélioré par tous les changements et réformes constitutionnelles, y compris les différents projets dont le projet de régionalisation ainsi que les dernières réformes constitutionnelles.
Nous réaffirmons notre solidarité totale et inconditionnelle avec les citoyens et citoyennes qui sont sortis pour protester dans les rus de Al-Houssima et des autres villes du Grand Rif et nous dénonçons la violence dont a fait preuve les autorités contre ces manifestations pacifiques. Outre, nous appelons à la satisfaction de leurs revendications légitimes.
Nous dénonçons le comportement de l’Etat vis-à-vis des manifestations des citoyens(es) amazighes d’Imider, d’Anergui ou ailleurs dans des régions du Maroc.
Nous dénonçons la poursuite de l’exploitation abusive des richesses des différentes régions du Maroc, particulièrement celles du Sud-est ainsi que la privation des citoyens de leurs droit de profiter de leurs richesses naturelles et la continuation de leur marginalisation et de leur ignorance dans le cadre du pan de développement qui améliore leur vie et leur offre des postes de travail.
Nous sommes étonnés quant à l’entêtement de l’Etat à poursuivre sa politique de spoliation des terres collectives et tribales dans le cadre de la délimitation forestière, sans prendre en considération des ayant-droits et leurs intérêts, particulièrement dans la région du Moyen Atlas, qui connaît des manifestations récurrentes relatives à cette question.
Nous dénonçons les politiques de marginalisations et d’exclusion de tous les droits du peuple amazighe, tel que consignés dans les chartes internationales des droits de l’homme et des peuples et appelons à mettre fin à l’exclusion des amazighes des différentes institutions de l’Etat et des postes de responsabilité tout en les privant de fonder des cadres politiques mais aussi en refusant de leur délivrer des autorisations juridiques de leurs cadre civils. De plus, nous dénonçons, la guerre préventive, contre les forces sociales amazighes.
Nous tenions et interpelons l’Etat et ses différentes institutions quant à la nécessité de prendre en considération la détresse et les manifestations des citoyens et des citoyennes, et d’arrêter de les minimiser. L’Etat devrait être au service des citoyennes et des citoyens.

Et dans ce cadre, nous réaffirmons la nécessité de trouver une solution globale pour toutes les grandes problématiques dont souffrent différentes catégories du peuple et la solution idoine préconisée est :
L’élaboration d’un nouveau projet pour la régionalisation à même de garantir une autonomie pour les régions historiques du Maroc. Projet qui respecte les spécificités culturelles et historiques et qui prend en considération les intérêts économiques et sociaux de ces régions, tout en leur garantissant de profiter de leurs ressources. Le projet devrait également leur garantir des pouvoirs politiques réels pour leurs institutions régionales élues, tel que cité dans « le Manifeste de Tamazgha pour une confédération démocratique, social transfrontalière, fondée sur le droit à l’autonomie des régions ».

Amina Ibnou Cheikh,
Présidente déléguée de l’Assemblée Mondiale Amazighe pour le Maroc

Date parution: 
Lundi, 27 Février, 2017 - 11:45
Source du communiqué: 
Secrétariat de la Présidente déléguée de l’Assemblée Mondiale Amazighe pour le Maroc

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