Mercredi 13 Décembre 2017

A Tanger, des migrants subsahariens racontent : « Ici, même les mendiants nous insultent »

A Tanger, des migrants subsahariens racontent : « Ici, même les mendiants nous insultent »
(Le Monde 10/11/17)
Un campement de migrants dans la forêt du mont Gourougou, au Maroc en 2014.

Quand l’Europe renvoie la crise migratoire de l’autre côté de la Méditerranée (7). Coincés dans le nord du Maroc, des Subsahariens racontent leur quotidien marqué par le racisme et la misère. Devant ce qui ressemble à un garage abandonné, Moussa* frappe à la porte. Six coups, dont seuls les habitués connaissent le rythme. « C’est un code pour entrer, précise-t-il. Si quelqu’un toque normalement, on soupçonne la police. » Josiane*, une Camerounaise de 35 ans, ouvre alors la porte. A l’intérieur, une dizaine de migrants subsahariens se sont retrouvés là pour « discuter, boire, oublier la misère ». Tous les soirs, on y sert de la bière et du vin à petits prix. La décoration est sommaire : lumière blanche, meubles récupérés dans les souks et quelques affiches au mur représentant des icônes africaines.

Présentation de notre série Quand l’Europe renvoie la crise migratoire de l’autre côté de la Méditerranée

Tenu par un couple de Camerounais, ce bar improvisé a ouvert dans la plus grande discrétion il y a près d’un an et demi, à l’été 2016, dans un quartier à moitié construit en périphérie de Tanger. Les clients exclusivement subsahariens se méfient des inconnus ou des voisins indiscrets qui pourraient alerter la police. Car ici tout est illégal. L’alcool de contrebande, le loyer payé sous le manteau, « même nous, on est sans papiers », ironise Moussa.
Violences policières

Cet homme de 44 ans, né d’une mère camerounaise et d’un père guinéen, a marché dans le désert algérien pendant deux mois avant d’arriver sur la côte méditerranéenne. « Mais la police algérienne nous a ramassés puis jetés dans le désert, au milieu de nulle part. On était cent vingt, douze ont survécu. » Quand il décide de refaire le trajet, en passant par le Maroc cette fois, Moussa doit se cacher pendant un an dans la forêt de Gourougou, « comme un animal », pour fuir la police. « Je suis enfin arrivé ici en 2014. »

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