Jeudi 19 Octobre 2017

Maroc-Venezuela: chronique d’une inimitié tenace

Maroc-Venezuela: chronique d’une inimitié tenace
(TelQuel 20/04/17)
Omar Hilale, ambassadeur du Royaume du Maroc auprès de l'Onu.

Le 18 avril les ambassadeurs respectifs du Maroc et du Venezuela à l’ONU se sont livrés à une énième prise de bec sur la question du Sahara.

La réunion consacrée aux Objectifs de développement durable (ODD) qui s’est tenue le 18 avril au siège de l’ONU a été le théâtre d’une joute verbale entre le représentant permanent du Maroc à New York, Omar Hilale, et son homologue vénézuélien Rafael Darío Ramírez Carreño. L’affrontement entre les deux hommes a débuté lorsque le représentant vénézuélien a demandé "que la réalisation des ODD s’accomplisse en prenant en considération les territoires occupés, tels la Palestine et le Sahara" selon l’agence de presse MAP.

Une déclaration qui a suscité la réaction immédiate d’Omar Hilale. Le diplomate marocain demande alors "si le représentant du Venezuela ne s’est pas trompé de réunion ou d’agenda en faisant allusion au Sahara marocain", et déclare ensuite que le royaume n’a pas "attendu l’adoption des ODD pour lancer un modèle de développement durable au Sahara ".

Omar Hilale enchaîne sur une diatribe contre le pays de Nicolas Maduro en affirmant que les femmes et enfants vénézuéliens ne mangent pas à leur faim et traversent "les frontières pour s’approvisionner en denrées alimentaires". Hilale est même allé jusqu’à affirmer que les "enfants vénézuéliens cherchent leurs nourritures dans les poubelles" alors que le Venezuela est le "pays le plus riche de la région avec son pétrole et son gaz", et s'est surpris de voir le Venezuela lancer un "appel à l’assistance humanitaire des Nations unies".

L’ambassadeur du Maroc s’est également attaqué au train de vie de l’ambassadeur du Venezuela qui, selon lui, se balade "dans ses deux jets privés aux États-Unis et les pays des Caraïbes" à un moment où "son peuple ne trouve pas de médicament pour se soigner". Omar Hilale a également fustigé l’attitude du régime vénézuélien qui, selon lui, "affame son peuple et tire quotidiennement sur les manifestants […] qui n’aspirent à rien d’autre qu'à la démocratie, la dignité ".

Série d’altercations

Ce n’est pas la première fois que les deux diplomates sont impliqués dans une joute verbale au sein des instances onusiennes. En juin 2016 déjà, un vif accrochage a opposé Hilale à Ramirez lors d’une réunion du Comité spécial de la décolonisation des Nations Unies lorsque l’ambassadeur vénézuélien a voulu inviter le représentant du Polisario, Ahmed Boukhari, à parler devant l’instance onusienne. Une intervention à laquelle s’est opposé Omar Hilale qui y voyait une violation "des règles, des procédures et des pratiques de cette commission".

Le représentant permanent du Maroc à l’ONU a également signalé que son homologue vénézuélien ne pouvait inviter Ahmed Boukhari à prendre la parole en tant que "représentant du Sahara occidental". Accusé de chercher à "saboter" la réunion onusienne par son homologue vénézuélien, Omar Hilale avait reproché, d’un ton accusateur, à Rafael Ramirez de vouloir faire "ce qui se fait à Caracas [la capitale du Venezuela, NDLR]".

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