Lundi 11 Décembre 2017

Maroc: un militant du Hirak condamné à 5 ans de prison pour "apologie du terrorisme"

Maroc: un militant du Hirak condamné à 5 ans de prison pour "apologie du terrorisme"
(AFP 04/12/17)
El Mortada Iamrachen militant du mouvement de contestation sociale du Hirak a été condamné jeudi à cinq ans de prison ferme pour "apologie du terrorisme"

Un jeune militant du mouvement de contestation sociale du Hirak a été condamné jeudi à cinq ans de prison ferme pour "apologie du terrorisme", rapportent les médias marocains.

El Mortada Iamrachen, un activiste salafiste repenti, incarnait l'aile modérée du mouvement avec un discours pacifiste, moins intransigeant que d'autres figures du mouvement populaire né dans la région du Rif (nord) après la mort tragique d'un poissonnier en octobre 2016.

"Vu la gravité des faits", la chambre criminelle chargée des affaires de terrorisme auprès de la Cour d'appel à Salé a ordonné son arrestation immédiate au tribunal après l'avoir condamné pour "apologie du terrorisme" et "incitation au terrorisme", selon l'agence MAP.

Les services de sécurité d’Al-Hoceima l'avaient arrêté en juin dernier après la publication de commentaires sur son site Facebook faisant "l’apologie du terrorisme", selon la même source.

Selon certains médias, il s'agissait d'un commentaire concernant l'attentat qui a coûté la vie à l’ambassadeur russe en Turquie, en décembre 2016. A l'époque de son arrestation, ses avocats avaient fait valoir qu'il s'agissait de propos "parodiques".

Le mouvement social du "Hirak" est né en octobre 2016 dans le nord du royaume et a agité la région du Rif pendant plusieurs mois pour réclamer son désenclavement et davantage de développement.

Le leader de la contestation Nasser Zefzafi et 53 co-accusés sont en cours de jugement depuis plusieurs semaines devant la Cour d'appel de Casablanca. Les prévenus sont poursuivis pour différents motifs, parfois très graves --comme celui "d'atteinte à la sécurité de l'Etat" qui vise les meneurs.

Amnesty International a exhorté cette semaine les autorités marocaines à libérer ceux qui ont pris part à la contestation, dont Nasser Zefzafi, les qualifiant de "prisonniers de conscience".

Depuis mai, les forces de sécurité ont arrêté "des centaines de manifestants", dont des mineurs, ainsi que des journalistes lors de manifestations largement pacifiques et "au moins 410 sont actuellement détenus", selon Amnesty.

Certains ont déjà été jugés. Les peines les plus lourdes ont été prononcées début novembre contre deux militants du Hirak, condamnés à 20 ans de prison ferme pour avoir "incendié volontairement" un bâtiment de la police.

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