Mercredi 26 Juillet 2017

Maroc : fin de la récréation

Maroc : fin de la récréation
(Jeune Afrique 20/03/17)

«Je n’ai plus rien à dire ! » Prononcée avec une exaspération surjouée par Abdelilah Benkirane, à chaque fois que le Premier ministre marocain entendait faire peser la menace d’une rupture des interminables négociations-chikayates de ces cinq derniers mois autour de la formation du gouvernement, la phrase était devenue culte.

Le 15 mars, elle s’est retournée contre lui : prenant acte de l’incapacité du secrétaire général du Parti de la justice et du développement (PJD) à nouer les alliances nécessaires à la formation d’une nouvelle équipe, le roi Mohammed VI, de retour d’une énième tournée africaine, lui a signifié qu’il n’avait plus rien à lui dire.

Exit donc Benkirane, 62 ans, tribun hors pair et populiste passé maître dans l’art de mettre les rieurs de son côté, islamiste makhzéno-compatible, grand vainqueur des législatives d’octobre 2016, mais manifestement oublieux qu’il manquait à son parti 73 sièges pour espérer gouverner seul – la faute, sans doute, à un ego de taille respectable.

Pendant cinq mois, les Marocains, tour à tour passionnés, amusés, agacés, puis de plus en plus lassés, au point de céder à la tentation du zapping, ont assisté à d’interminables tractations stériles entre manœuvriers professionnels. Siffler la fin de la récréation était donc une nécessité pour deux raisons.

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