Lundi 11 Décembre 2017

Le Maroc et les nouvelles routes de la soie : la troisième voie

Le Maroc et les nouvelles routes de la soie : la troisième voie
(Le Monde 04/12/17)
Le ministre marocain de l’industrie Moulay Hafid Elalamy lors du Forum sino-africain pour les investissements organisé à Marrakech les 28 et 29 novembre 2017.

En s’arrimant au programme OBOR de Pékin, Rabat veut s’imposer comme plateforme du commerce trilatéral Chine-Europe-Afrique. En Chine, désormais, tout est « routes de la Soie ». Pour obtenir des financements, des investissements ou des aides, mieux vaut faire partie de cette liste très sélecte des pays membres de l’initiative OBOR, One Belt, One Road. « Une ceinture, une route », selon la terminologie officielle.

« Tous les pays partenaires des routes de la soie ont accès aux investissements chinois. Si vous n’êtes pas signataire vous êtes exclus », nous explique Moulay Hafid Elalamy, le ministre marocain de l’industrie en marge du dernier Forum sino-africain pour les investissements organisé à Marrakech les 28 et 29 novembre.

Après l’Egypte, l’Ethiopie, le Kenya, Djibouti et l’Afrique du Sud, le Maroc fait donc à son tour son entrée dans la liste très officielle des pays membres des nouvelles routes de la soie, Soixante-dix pays au total et seulement six pays africains ? « Mais ce n’est qu’un début. Désormais, tous les pays du continent tapent à la porte de Pékin pour en faire partie », souligne le sinologue Thierry Pairault.
« L’Afrique, pas si importante pour la Chine »

Toujours en marge du forum de Marrakech, l’ancien premier ministre tunisien, Mehdi Jomaa, est lui aussi venu rencontrer ces fameux investisseurs venus de l’empire du Milieu qui, selon lui, « devraient jouer un rôle dans la relance économique » de son pays. « Il ne doit pas y avoir de concurrence entre les pays du Maghreb. Nous manquons d’infrastructures et nous avons besoin des investissements chinois. Il y a de la place pour tout le monde. »

Pour tout le monde, mais à quel prix ? En moins de vingt ans, la Chine est devenue le premier partenaire économique de l’Afrique. Leurs échanges commerciaux ont atteint 190 milliards de dollars (160 milliards d’euros) en 2016 et sont aujourd’hui plus importants que ceux du continent avec l’Inde, la France et les Etats-Unis réunis. Seule l’Union européenne en tant qu’entité économique fait mieux avec 286 milliards d’euros en 2015.

Mais la plupart de ces investissements chinois dans les routes de la soie estimés à quelque 1 000 milliards de dollars sur trente ans concernent la construction d’infrastructures : routes, ports, lignes de chemin de fer et parcs industriels afin de fluidifier le commerce international et d’ouvrir de nouvelles routes commerciales pour la deuxième économie du monde.

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