Lundi 11 Décembre 2017

Le drame de Sidi Boulaalam, dur rappel à la réalité pour le « nouveau » Maroc

Le drame de Sidi Boulaalam, dur rappel à la réalité pour le « nouveau » Maroc
(Le Monde 04/12/17)

La mort de quinze femmes lors d’une distribution de nourriture témoigne de la persistance de la pauvreté dans le royaume, loin du dynamisme des grandes villes. En matière de montres, Abdelkabir Al-Hadidi est un imam qui a du goût. La sienne se laisse deviner sous les manches de sa djellaba beige finement brodée. Massive, noire et dorée, elle ne détonne pas avec ce que l’on sait de l’homme, prédicateur dans un quartier huppé de Casablanca. Un peu plus avec le décor : Sidi Boulaalam, commune rurale de quelque 8 000 habitants, perdue entre Essaouira et Marrakech, où l’on se déplace encore en carriole dans un paysage de rocaille à peine troublé par quelques chèvres et moutons.

Assis devant le local de son association, M. Al-Hadidi, la cinquantaine, barbe taillée en collier, reçoit comme un notable, avec courtoisie, et sert lui-même le thé sur une table basse en marqueterie. « C’est une région très pauvre, sans activité économique. Cette année, la sécheresse risque d’aggraver la situation et, de toute façon, la terre n’est pas très fertile, explique-t-il. On sait que l’Etat ne peut pas tout faire, on ne va pas rester les bras croisés. C’est notre devoir et notre nature de Marocains de nous entraider. »

M. Al-Hadidi est originaire de la région. Officiellement, son association soutient les écoles coraniques et le développement local. Mais depuis cinq ans, elle organise aussi d’importantes distributions de denrées alimentaires. Aujourd’hui, l’imam se dit « triste ».

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