Dimanche 17 Décembre 2017

Comment les Marocains tentent de s’approprier la mémoire nationale

Comment les Marocains tentent de s’approprier la mémoire nationale
(Jeune Afrique 10/08/17)
Une vue du Musée de l'art contemporain à Rabat.

Ils s’appellent Zamane (« temps »), Dîn wa Dunia, « le magazine des cultures et des religions », ou encore Des histoires et des hommes… Des revues et séries documentaires qui ont investi un nouveau créneau, celui de l’Histoire, dont les Marocains se sont révélés particulièrement friands ces dernières années. Elles leur permettent de revisiter leur passé dans toutes ses dimensions et sa pluralité, sans démagogie, sans tabous.

Né à la fin de 2009, le mensuel Zamane en est le doyen. Avec un capital de 1 million de dirhams (environ 90 000 d’euros), le journaliste Youssef Chmirou et l’un de ses amis décident de créer un titre spécialisé dans l’Histoire, un peu à l’image du titre français Historia. Le plébiscite est immédiat : 7 350 exemplaires vendus sur un tirage de 10 000.

Je ne pouvais pas croire un seul instant que Zamane cartonnerait à ce point dès son lancement
« Lorsque mon distributeur m’a communiqué les ventes de ce premier numéro, je l’ai appelé pour lui dire qu’il s’était trompé de destinataire. Je ne pouvais pas croire un seul instant que Zamane cartonnerait à ce point dès son lancement », raconte Youssef Chmirou.

Le succès du magazine, édité en arabe et en français, n’a depuis cessé de se confirmer. En mai 2013, son dossier sur l’histoire des Juifs du Maroc (« Maroc : terre juive ») est en rupture de stock : aucun retour sur un tirage de 15 000 exemplaires, dont un grand nombre ont voyagé jusqu’en Israël. Trois mois plus tard, un dossier sur Moulay Abdellah, le frère de Hassan II, fait exploser les compteurs avec 22 000 exemplaires vendus.

Les Marocains y découvrent un prince – « un spectre, une silhouette élégante et raffinée qui rappelle celle de son père, le roi Mohammed V », écrit Zamane – qu’ils ne voyaient que sur les photos officielles, alors raconté pour la première fois par son fils, Moulay Hicham, qui levait ainsi une partie du voile de mystère entourant son père.

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