Mardi 20 Février 2018

Au Maroc, l’interminable procès de la révolte du Rif

Au Maroc, l’interminable procès de la révolte du Rif
(Le Monde 10/02/18)

Dans la salle d’audience de la cour d’appel de Casablanca, on entend monter de loin la clameur des détenus arrivant de la prison. Elle finit par résonner haut et fort dans les couloirs du tribunal. Il faut attendre plusieurs minutes pour que les prisonniers, parqués dans un espace vitré, achèvent leur chant, poing levé : « Je jure de ne jamais trahir ma cause […] Vive le Rif ! Vive la patrie ! » Le président du tribunal, robe noire et col vert, assis sous les portraits de Hassan II et de Mohammed VI, égrène le nom des accusés.
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Il y a un an débutait à Al-Hoceima, ville côtière du nord du Maroc, une vague de répression contre un mouvement de contestation sociale surnommé le Hirak (« la mouvance »). Des centaines de personnes, principalement des jeunes, ont été arrêtées. Parmi eux, 54 ont été emmenés à Casablanca, à 550 km de distance, où ils sont détenus dans la prison d’Oukacha et où ils sont aujourd’hui jugés. « Ceux qui se trouvent à Casablanca sont considérés comme les meneurs », souligne Me Abdelaziz Nouaydi, l’un des avocats de la défense.

Broyé dans une benne à ordures
Dans le box des accusés figure Nasser Zefzafi, 39 ans, devenu au fil des mois le visage du Hirak. Cet enfant du Rif, chômeur, avait pris la tête des premiers rassemblements, déclenchés en octobre 2016 par le décès d’un jeune vendeur de poissons d’Al-Hoceima. Mouhcine Fikri, 31 ans, broyé dans une benne à ordures alors qu’il tentait d’empêcher la destruction de sa cargaison saisie par la police. La marchandise avait certes été pêchée illégalement mais, dans cette région enclavée où l’économie informelle fait vivre de nombreuses familles, le drame avait suscité un vaste mouvement de colère et de revendications pour plus de justice sociale.

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