Vendredi 24 Novembre 2017

Affaire d’extorsion de fonds : le Maroc obtient gain de cause

Affaire d’extorsion de fonds : le Maroc obtient gain de cause
(APA 11/11/17)
Les deux journalistes français Eric Laurent et Catherine Graciet.

APA - Rabat (Maroc) - La Cour de cassation française a, dans un jugement rendu ce vendredi, donné gain de cause au Maroc dans l'affaire d’extorsion de fonds impliquant les deux journalistes français Eric Laurent et Catherine Graciet.

Soupçonnés d'avoir voulu soutirer trois millions d'euros au roi du Maroc Mohammed VI, en échange de l'abandon d'un livre censé contenir des révélations gênantes pour le Royaume, ils ont été mis en examen en 2015 pour chantage et extorsion de fonds.

La Cour de cassation a estimé cette fois-ci que ces deux enregistrements avaient été réalisés sans "véritable implication" des enquêteurs, permettant de conclure à la "loyauté de la preuve".

La plus haute juridiction française a validé les deux enregistrements clandestins à l'origine de la mise en examen des deux journalistes français.

Elle a donc débouté les deux journalistes français.

La Chambre de l'instruction de la Cour d'Appel de Paris avait rejeté, en février dernier, la requête des avocats des deux journalistes d'annuler les enregistrements selon lesquels ils auraient réclamé une somme d'argent en contrepartie de la non publication d'un livre critique sur le Royaume.

L’avocat du Maroc, Me Patrice Spinosi, cité par l’Agence de presse marocaine (MAP), a qualifié cet arrêt de «très grande victoire» pour le Maroc, estimant ‘’qu'il n'existe plus aucun obstacle à la poursuite de ces journalistes laquelle ne pourra conduire qu'à leur condamnation’’.

Les enregistrements établissent de façon «incontestable» le délit de chantage, a souligné alors l’avocat du Maroc.

Outre les enregistrements, avait-il ajouté, les deux journalistes ont été arrêtés avec chacun 40.000 euros en poche et signé un document reconnaissant qu'ils sollicitaient deux millions d'euros pour arrêter de «nuire systématiquement au Maroc par leurs écrits et actions».

Le journaliste français Eric Laurent avait contacté le cabinet royal pour annoncer qu'il se préparait à publier, avec Catherine Graciet, un livre sur le Maroc, mais qu'il était prêt à y renoncer en échange de trois millions d'euros.

Après une première réunion entre le journaliste et un avocat représentant la partie marocaine, le Royaume du Maroc a décidé de déposer une plainte auprès du procureur à Paris.

Une nouvelle réunion avec le journaliste français a été organisée sous le contrôle de la police et du parquet au cours de laquelle les propos d'Eric Laurent ont été enregistrés et des photos ont été prises.

Au cours d'une troisième réunion tenue, sous le contrôle de la police, des sommes d'argent ont été remises aux deux journalistes, qui les ont acceptées et signé un document dans lequel ils s'engagent à ne plus rien écrire sur le Maroc.

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