Samedi 18 Novembre 2017

Raid français au Mali: Bamako confirme la mort de soldats maliens captifs des jihadistes

Raid français au Mali: Bamako confirme la mort de soldats maliens captifs des jihadistes
(AFP 09/11/17)

Des soldats maliens capturés par les jihadistes font bien partie des quinze tués par un raid de la force française Barkhane en octobre, ont affirmé mardi à l'AFP un responsable du ministère malien de la Défense et un proche des militaires morts.

De son côté, l'état-major français des armées a réitéré que l'opération, dans la nuit du 23 au 24 octobre, avait visé, "sans erreur possible", un "camp d'entraînement terroriste" près d'Abeïbara (nord-est) relevant du groupe Ansar Dine, du jihadiste malien Iyad Ag Ghaly, assurant qu'à "aucun moment" la présence de militaires maliens n'y avait été établie.

Le ministère malien de la Défense a affirmé dans un communiqué que le ministre Tiéna Coulibaly avait reçu le 31 octobre l'ambassadrice française et le commandant de Barkhane au Mali, à la suite de l'opération "au cours de laquelle des militaires maliens, détenus par des terroristes, ont trouvé la mort".

"Nos militaires prisonniers des jihadistes ont bel et bien été tués lors de l'opération anti-terroriste des Français dans le nord du Mali", a confirmé mardi un responsable malien de la Défense sous le couvert de l'anonymat, ajoutant que la délégation française reçue au ministère avait "reconnu les faits".

Par ailleurs, le secrétaire général adjoint des Nations unies pour les droits de l'Homme, Andrew Gilmour, en visite au Mali, a souligné que "les violations commises dans le cadre d'opérations anti-terroristes et la stigmatisation de certaines communautés contribuent grandement à la radicalisation d'une partie de la population et à l'aggravation de l'extrémisme violent".

La visite de M. Gilmour, qui s'était auparavant fait l'écho de la "peur des groupes terroristes" vécue au quotidien par les habitants du centre du Mali, est une première depuis l'établissement de la Mission de l'ONU dans ce pays (Minusma), selon un communiqué de l'ONU.

Cette visite de quatre jours visait à "rappeler l'importance des droits de l'Homme et de la justice dans le processus de paix", mais aussi à discuter d'un "mécanisme de garantie du respect des droits de l'Homme par la force conjointe du G5 Sahel", selon le texte.

- Images de prisonniers -

Appuyée par Barkhane, qui traque les jihadistes à travers la bande sahélo-saharienne, cette force encore naissante, dont le poste de commandement se trouve à Sévaré, dans le centre du Mali, vise à coordonner la lutte contre les jihadistes entre les pays membres (Tchad, Niger, Mali, Burkina Faso et Mauritanie).

Le commandant de Barkhane a évoqué mardi, lors d'une réunion avec le chef d'état-major malien, le travail de renseignement relatif à l'opération près d'Abeïbara, qui n'a "à aucun moment permis de détecter la présence sur ce site de militaires maliens, capturés ou enrôlés par le groupe terroriste", selon le communiqué militaire français.

L'opération a "permis la mise hors de combat de quinze terroristes, dont l'un s'est avéré être un lieutenant d'Iyad Ag Ghaly, spécialisé dans le recrutement et la formation des terroristes d'Ansar Dine", affirme l'état-major français.

La France a par ailleurs proposé l'appui de Barkhane aux autorités militaires maliennes si elles souhaitaient "réaliser une mission de recueil d'information sur le site", selon le texte.

Un parent du soldat Boubacar Diarra, figurant selon un document militaire malien confidentiel consulté par l'AFP parmi les six portés disparus de l'attaque du 19 juillet 2016 contre la base de Nampala (centre), a indiqué avoir été informé de sa mort dans le raid français.

"La semaine dernière, ses camarades militaires sont venus nous dire qu'il a été tué dans un bombardement français près de la frontière avec l'Algérie", a déclaré à l'AFP ce parent, Ousmane Diarra.

Dimanche, des sources militaires maliennes avaient indiqué avoir identifié parmi les tués une dizaine de soldats maliens portés disparus à la suite d'attaques menées entre juillet 2016 et mars 2017 et dont les images en captivité avaient été diffusées en octobre par les jihadistes.

A la suite de l'attaque de Nampala le 19 juillet 2016, dont le bilan officiel s'établit à 17 morts, 37 blessés et six disparus parmi les soldats, un groupe jihadiste avait diffusé une vidéo montrant des militaires maliens captifs.

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