Mardi 24 Avril 2018

Mali: le général Sanogo quitte la caserne de Kati

Mali: le général Sanogo quitte la caserne de Kati
(AFP 14/10/13)

BAMAKO, 14 octobre 2013 (AFP) - Le général Amadou Sanogo, auteur du coup d'Etat du 22 mars 2012 qui a précipité le Mali dans la crise, a quitté la caserne de Kati, près de Bamako, où se trouvait son domicile et son quartier général, a appris lundi l'AFP de source militaire. "Il était nécesssaire pour la quiétude du pays que Amadou Sanogo descende de Kati (ville garnison située sur les hauteurs de Bamako). Il n'est en tout cas pas prêt d'y remonter, nous ne l'accepterons pas", a déclaré à l'AFP, un responsable du ministère malien de la Défense sous couvert d'anonymat. A la tête d'un convoi de six véhicules civils, le général Sanogo, lui-même en civil, a quitté Kati dimanche soir, sans son arsenal militaire, pour se rendre vers un nouveau domicile qui lui a été attribué à Bamako. Juste après son départ de Kati, l'armée malienne a pris le controle de la zone qu'il occupait, ainsi que de l'armement lourd qu'il avait à sa disposition, selon le ministère de la Défense dont des éléments assurent la sécurité de son nouveau domicile. Début octobre, d'anciens compagnons de Sanogo, promu directement en août du grade de capitaine à celui de général, avaient mené une fronde à Kati pour réclamer eux aussi des promotions, obligeant l'armée régulière à intervenir pour prendre le contrôle des lieux.
L'ex-numéro deux de l'ex-junte, le capitane Amadou Konaré, et une vingtaine d'autres militaires, soupçonnés d'être à l'origine de cette fronde, ont été arrêtés. Le président malien, Ibrahim Boubacar Keita avait alors déclaré que "Kati n'allait plus faire peur à Bamako". Lundi, des familles de militaires interrogées par l'AFP, ont affirmé avoir découvert la semaine dernière dans la caserne de Kati et ses alentours les corps d'au moins trois de leurs parents soldats, dont elles ont affirmé ignorer les causes précises de la mort.

"Le corps de mon frère a été découvert. Sur lui, il n'y a pas de trace de balle. Mais sur un des deux autres corps, on a trouvé des traces de balles", a ainsi déclaré une des membres de ces familles, Aïchata Barry.

Dans les mois qui ont suivi le coup d'Etat de mars 2012, la caserne de Kati a été le lieu de nombreuses exactions commises par les hommes de Sanogo contre des militaires considérés comme fidèles au président renversé alors, Amadou Toumani Touré.

Le coup d'Etat avait précipité la chute du nord Mali aux mains de groupes islamistes armés qui l'ont occupé pendant neuf mois avant d'en être en partie chassés par une intervention militaire internationale initiée par la France en janvier et toujours en cours.

sd-stb/sba

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