Mardi 24 Octobre 2017

Face à l’ultimatum de la Plateforme: IBK invoque le consensus et l’apaisement

Face à l’ultimatum de la Plateforme: IBK invoque le consensus et l’apaisement
(Le Republicain (ml) 10/08/17)
Face à l’ultimatum de la Plateforme: IBK invoque le consensus et l’apaisement

Pour défendre sa position ‘’intraitable’’ sur le maintien de son projet de révision constitutionnelle, le président de la République, Ibrahim Boubacar Kéita fait de son cheval de bataille, l'application de l'Accord pour la paix et la réconciliation au Mali. En atteste l’interview diffusée par l'ORTM, le mardi soir (aout) au cours du Jt, dans laquelle, il a été question du projet de loi portant révision de la constitution du 25 février 1992.

Le Président IBK, a réaffirmé sa volonté de voir le processus de révision aller à son terme. La finalité recherchée à travers les consultations qu’il a engagées, est « le consensus, l'apaisement et nous souhaitons toujours à ce qu'une décision prise au nom de la Nation, dans l'intérêt bien compris de la Nation, soit partagée par cette Nation-là », a déclaré IBK. Mais n’y a t-il pas lieu de craindre que ces efforts ne soient tardifs, sachant qu’ils seraient plus productifs en amont qu’en aval?

Le Président IBK sait bien et l’affirme que « depuis qu'on est entré dans ce projet de révision constitutionnelle, de la voie référendaire, il y a beaucoup de mouvements, beaucoup d'agitations ». De son côté, le Président a sa lecture de son rôle : « nous avons eu comme mandat du peuple malien d'explorer toutes les voies, tous les chemins qui peuvent conduire à la paix.

Les consultations auxquelles je me consacre en ce moment sont de l'ordre de convenance qu'en cas de besoin, le chef de l'Etat rencontre telle ou telle catégorie sociale, telle ou telle catégorie de citoyens, rien que de plus normal dans une démocratie ». En effet, IBK a rencontré les Institutions de la République et les partis politiques, des notaires et des avocats. « Nous leur avons expliqué notre démarche qui ne souffre d’aucune malice, elle entre simplement dans le cours de l'action gouvernementale », explique le chef de l’Etat.

Cependant, sait on que la question de la révision constitutionnelle est la cause immédiate de ces consultations, que d’aucuns peuvent trouver assez tardives, pour n’être intervenues qu’après que la situation ait été trop corsée entre les partisans du « Non », la Plateforme Antè A banna- Touche pas ma Constitution et ceux du « Oui An sonna », autrement dit entre le pouvoir et l’opposition.

Pour le Président IBK, « le constat a été fait qu'au sortir de l'Accord pour la paix et la réconciliation, il y a des attendues au plan institutionnel, notamment comment faire en sorte que certaines catégories et couches sociales puissent être dans la décision nationale, couches et catégories dont le concours s'est avéré utile dans la médiation intercommunautaire.

C'est le cas des légitimités traditionnelles (chefferies et autres) que nous avons dû solliciter », a déclaré IBK au cours de cette interview accordée à l’Ortm. Selon le Président IBK, la voie de la création d'un Sénat a paru la plus idoine pour ce faire. « Pour beaucoup, cela devrait être convié dans le cadre d'un quota que le chef de l'Etat pourrait gérer à hauteur de souhait et avec des critères d'accord parties pour que les personnalités en questions soient les plus représentatives possibles, poursuit-il. Et également aussi voir certaines choses qui, au cours de l'application de la Constitution de 92, se sont avérées difficiles ou impossibles ».

Les raisons du projet, selon IBK
Ainsi, IBK qui a longtemps gardé le silence sur le projet de révision constitutionnelle n’a pas raté l’occasion des consultations avec les avocats et les notaires, ce mardi 8 aout, pour s’étendre abondamment sur ses motivations, tout en soulignant qu'« une Constitution, comme toute œuvre humaine, est perfectible. Il est bon qu'au bout d'un moment, l'on puisse revoir la copie et convenir les changements opportuns à apporter ».

C'est cela qui a motivé ce projet de révision constitutionnelle qui est de la prérogative du chef de l'Etat et de l'Assemblée nationale, ajoute-t-il. Ce point de vue du Président ne l’éloigne pas de l’opposition, dont certains leaders indiquaient lors de débats télévisés, que la Constitution n’était pas comme la bible ou le coran, et à cet effet elle est sujette à révision. Mais ce que l’opposition ne partage pas avec le Président IBK, c’est la manière solitaire de la révision constitutionnelle, sans tenir compte des points de vue concertés des autres composantes de la société civile et des partis politiques. Dans son interview, IBK a invoqué le consensus et l’apaisement, toutes choses qui semblent avoir foutu le camp de notre pays, et dont il faut franchement s’atteler au retour, en mettant l’accent sur ce qui nous unit, le Mali en partage, sans diviser nos compatriotes en « bons maliens » et les autres.

IBK intraitable ?
Si la Plateforme Touche pas ma Constitution lance un ultimatum au Président lui demandant de retirer son projet de révision constitutionnelle, lui, reste immuable sur sa position et les deux positions parallèles ne se rencontrent pas. Pour IBK, « jusqu'à preuve du contraire, l'arrêt de la Cour constitutionnelle n'est pas susceptible de recours. Voici la phase dans laquelle nous nous retrouvons aujourd'hui. La Cour constitutionnelle a estimé que la révision est tout à fait constitutionnellement recevable, mais que ça et là il y a des aspects à revoir. C'est ce qui est en cours aujourd'hui », estime le Président IBK.

Toutefois, pour Ibrahim Boubacar Kéita, la finalité recherchée à travers toutes ces consultations qu’il a engagées, est « le consensus, l'apaisement et nous souhaitons toujours à ce qu'une décision prise au nom de la Nation, dans l'intérêt bien compris de la Nation, soit partagée par cette Nation-là. Il est évident que cet effort-là, nous le continuons et nous ne le laisserons pas jusqu'à ce que nous faisons le constat peut-être qu'il y a impossibilité ou refus d'avancer ensemble ». Et IBK sur un ton menaçant : « nul ne peut aujourd'hui dire qu'il s'oppose à ce que le peuple malien exerce son droit de vote.

Or dire aujourd'hui qu'il n'y aura pas de révision constitutionnelle, cela ne pourra se faire que sur des violences, c’est séditieux quelque part, ce n'est pas républicain et c’est anti national, en tout cas contraire au droit. Et dire aussi que le devoir de l'Etat est de faire en sorte de garantir le droit et les droits de l'Etat, tous les droits des citoyens de la République, y compris celui de vote. C'est le devoir de l'Etat républicain. Je le dis très clairement : nul ne peut s'opposer à l'exercice de ce droit sans violer la loi ». Selon lui, ce qui est fait dans le cadre de cette révision constitutionnelle participe à cette recherche de paix car il faut le dire c'est bien évidemment dans la suite de l'application de l'Accord pour la paix et la réconciliation au Mali que cette révision est envisagée.

B. Daou

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