Lundi 20 Novembre 2017

Cyber-sécurité : l'Afrique, une proie facile ?

Cyber-sécurité : l'Afrique, une proie facile ?
(La Tribune 18/05/17)

L'Afrique peut-elle se permettre de négliger les risques électroniques qui guettent ses entreprises et ses gouvernements ? La dernière attaque "Wannacry" est l’énième rappel que le continent n'est pas en marge des guerres numériques mondiales. Avec des dégâts répertoriés dans quatre coins du continent, l'Afrique se confronte encore une fois, non pas sur son incapacité à se défendre, mais sur son inconscience des risques.

La culture du risque numérique n'est plus un luxe pour les managers du monde entier, y compris pour les africains. La numérisation des processus d'industrialisation, de production et de commercialisation est déjà une réalité pour nombre de secteurs d'activités sur le continent. Cela dit, cette progression positive de l'économie numérique devrait pousser les dirigeants africains à se méfier quant à l'avenir de leur organisation. Et ce n'est pas uniquement une question d'ordre économique.

Les révélations successives de Edward Snowden ont montré comment Internet devient le terrain d'une guerre de domination. Et alors que les grandes puissances du monde renforcent leurs armées numériques, une grande partie des pays africains reste sans protection. « La France dispose de moyens ultra performants de renseignements d'origine électromagnétique, et ce hors du contrôle juridique. Le cas de la Plateforme nationale des interceptions judiciaires française, même s'il ne semble pas répondre aux attentes du gouvernement, en est la plus récente illustration.

En Europe les projets FP7, ADABTS et SUBITO, ont permis la mise au point de systèmes très sophistiqués d'anticipations des comportements », explique Aziz Da Silva Consultant Senior en Stratégies et Innovations Technologiques dans une étude consacrée à « Cyber-sécurité, Cyber Défense et compétitive en Afrique ». En Afrique, il n'est absolument pas choquant qu'un officiel, même de haut rang, utilise pour ses courriels professionnels des adresses mail « Google » ou « hotmail », qui stockent de précieux échanges dans des datacenters en Amérique, en Europe ou en Asie et à la merci des hackers ou/et des services de renseignements d'autres pays.

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