Vendredi 22 Septembre 2017

Au Sahel, la crainte d’une guerre sans fin

Au Sahel, la crainte d’une guerre sans fin
(Le Monde 17/08/17)
Au Sahel, la crainte d’une guerre sans fin

Editorial. Les attaques qui ont eu lieu mi-août au Burkina Faso et au Mali viennent rappeler que les groupes islamistes armés font désormais peser une menace constante dans la région.

Editorial du « Monde ». Ils frappent chaque jour ou presque. Ils n’ont même plus besoin de revendiquer leurs actes : tout le monde sait immédiatement que derrière des visages juvéniles venus semer la mort se cachent les figures du djihadisme au Sahel. Le déploiement de 11 000 casques bleus au Mali, les éliminations ciblées menées par l’armée française, les opérations conjointes avec les militaires de la région, rien n’y fait. Au Mali, au Burkina Faso et dans l’ensemble du Sahel, les groupes islamistes armés font désormais peser une menace constante.
Dimanche 13 août, ce sont 18 clients et employés d’un café-restaurant du centre de Ouagadougou, la capitale du Burkina Faso, qui sont tombés sous les rafales d’un duo de meurtriers. Le lendemain, au Mali, deux attaques contre la Mission des Nations unies (Minusma), l’une à Douentza, dans le Centre, l’autre à Tombouctou, dans le Nord-Ouest, ont fait neuf nouvelles victimes, dont un casque blanc.
Lire aussi : Pourquoi le Burkina Faso n’est plus en sécurité
Il y a quelques mois encore, la petite musique officielle que l’on pouvait entendre à Paris laissait espérer que le danger djihadiste au Sahel avait diminué grâce à l’action des soldats de l’opération « Barkhane » et que la menace des combattants salafistes sur la stabilité des Etats s’éloignait. On y a, depuis, mis une sourdine.
Plus de quatre ans après le début de l’intervention militaire française au Mali, qui s’est depuis muée en une opération sur l’ensemble de la région, force est de constater que ce pays suscite toujours autant d’inquiétudes. L’Etat peine à reprendre pied dans les bastions rebelles touareg du Nord, où les groupes politico-militaires, construits sur des identités communautaires, se mènent la guerre dans l’espoir de ne pas être les oubliés de la paix… Pour le plus grand bonheur des djihadistes, qui ont regagné de l’influence et étendu leur champ d’action au centre du pays, où les séides d’Amadou Koufa, un disciple d’Iyad Ag-Ghali, la figure de référence des islamistes armés au Mali, ont multiplié depuis début 2015 les opérations de guérilla.

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