Au Malawi, des drones pour sauver la vie d’enfants atteints du sida | Africatime
Jeudi 30 Mars 2017

Au Malawi, des drones pour sauver la vie d’enfants atteints du sida

Au Malawi, des drones pour sauver la vie d’enfants atteints du sida
(Le Monde 10/03/17)

L’Unicef va transporter les tests sanguins par les airs plutôt qu’en moto. Le projet est tellement prometteur qu’un corridor pour drones se prépare. C’est une histoire qui commence dans un avion, ironiquement. Judith Sherman, responsable américaine de l’antenne malawite de l’Unicef chargée du VIH, rentre aux Etats-Unis en vacances. « Je lisais un magazine et je suis tombée sur un reportage impliquant des drones transportant des pizzas, raconte-t-elle début janvier dans son bureau surclimatisé de Lilongwe. Je me suis dit que ça pourrait potentiellement être une idée pour le Malawi ! »

A son retour de vacances, le projet commence peu à peu à s’échafauder autour du difficile acheminement des tests sanguins aux huit laboratoires du petit pays d’Afrique australe. « Il faut amener les tests de plus de six cents centres à huit laboratoires, explique l’humanitaire. Aujourd’hui, ces livraisons se font en voiture, ou en moto pour les zones moins accessibles. C’est souvent long, et énormément de motos tombent en panne en chemin ! »
Alors l’antenne malawite de l’organisation en a référé au siège new-yorkais, « qui a immédiatement donné son feu vert », et les premiers essais ont pris place autour de Lilongwe. « On utilise des boîtes comme celle-ci, elles peuvent transporter deux kilos chacune », explique Mme Sherman, exhibant une petite caisse bleu clair à l’allure de vieille bonbonnière. Le premier vol de 10 kilomètres a eu lieu début janvier, et même s’il ne transportait pas de tests sanguins de dépistage du VIH, cela a été un franc succès.
« Alors que le dépistage peut aujourd’hui prendre jusqu’à trois mois, on espère baisser de temps d’attente pour les familles jusqu’à quelques jours », dit la directrice-pays chargée du VIH. Cette réduction des temps d’attente permettrait une mise sous traitement plus rapide des enfants atteints du virus. Selon l’Unicef, 10,8 % de la population adulte était séropositive en 2012, et 10 000 enfants sont morts de maladies liées au virus en 2014, selon le gouvernement. « C’est comme si un bus rempli d’adolescents avait un accident chaque semaine », explique Mme Sherman.

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