Dimanche 20 Août 2017

Projet Ceinture et Route de la soie: les îles de l’océan indien sollicitées ou mises en concurrence

Projet Ceinture et Route de la soie: les îles de l’océan indien sollicitées ou mises en concurrence
(Madagascar Tribune 09/08/17)
xi Jin Ping, président de la République Populaire de Chine.

Il s’agit de l’un des plus grands projets économiques du Président chinois ! La « Ceinture économique de la route de la soie » est sans aucun doute l’alter ego de la mondialisation du point de vue de la Chine. Et dans ce projet visant à lier l’Eurasie à l’Afrique à coup de milliards de dollars d’investissements, 1400 milliards pour être précis, les iles de l’Océan indien serviront de hub et seront fortement sollicitées. Mais en parallèle, il s’agira également d’une concurrence à qui saura le mieux répondre aux attentes et besoins de la Chine.

Le projet de « Ceinture et Route de la Soie » permet de recréer l’antique « Route de la Soie » reliant l’empire du milieu à l’Europe a été lancé en 2013, par le Président de la République Populaire de Chine, Xi Jinping. Cette nouvelle version verra également l’intégration de l’Afrique subsaharienne, surtout les îles de l’Océan indien. Avec Madagascar, Maurice et même l’île de la Réunion ont été approché par la Chine à travers des conférences ou encore des signatures d’accords de coopération. « Cet ensemble économique voulu par la Chine pour booster sa croissance économique s’appuie sur la réalisation de grandes infrastructures dans les pays intégrés. Ces routes, ports ou voies de chemin de fer doivent servir les besoins des entreprises chinoises et augmenter toujours plus leurs échanges commerciaux », rappelait alors le Journal de Mayotte. Pour la Grande île particulièrement, cinq accords ont déjà été signés portant sur de grands chantiers. La China Communication Construction construira une autoroute qui joindra la capitale Antananarivo au port de Toamasina. Autre réalisation prévue, celle d’un grand port en eau profonde dans la Baie de Narinda, sur la côte nord-ouest de l’Île, face au canal du Mozambique. Un autre accord, avec la société de télécommunications Huawei, porte sur le développement du concept de « ville intelligente », avec un réseau de caméras de surveillance pour la sécurisation et la gestion des activités urbaines. Une antenne de l’Economic Development Board of Madagascar (EDBM) est prévue être installée en Chine pour améliorer les relations avec les investisseurs chinois.

En ce qui concerne l’ile de la Réunion, les responsables de la région ambitionne de pouvoir se greffer à cette route pour bénéficier des importantes retombées économiques de la nouvelle version de la Route de la soie. Et pour ce faire, l’ile avait déjà fait montre de ses atouts. « Le président de la Région a insisté sur le rôle que pouvait avoir La Réunion dans cette stratégie globale Chine/Europe/Asie. Dans son allocution, il a rappelé, en préambule, la carte d’identité de La Réunion : la place stratégique de La Réunion, territoire français et européen aux portes de l’Afrique, au cœur d’une importante zone économique exclusive avec un formidable potentiel sur le thème de l’économie bleue ; mais aussi ses liens historiques avec la Chine avec une population d’origine chinoise à La Réunion qui représente un peu plus de 40 000 personnes » rapporte le site clinacoo.re. Pour rappel, un accord a été signé avec La Chine pour que le Grand Port Maritime soit une base exclusive de ravitaillement pour les navires de la CMA-CGM (Compagnie maritime d’affrètement-Compagnie Générale Maritime), leader mondial du transport maritime. Enfin, en ce qui concerne l’ile Maurice, lors d’une visite effectuée par le ministre chinois des Affaires étrangères, ce dernier avait exprimé le souhait que les relations entre la Chine et l’île Maurice s’étendent vers l’est à la poursuite du développement économique de manière à rallier le continent asiatique, en particulier dans le domaine de l’économie bleue et le tourisme dans l’intérêt des deux pays. Réitérant par la même occasion le désir de Xi Jinping pour que l’île Maurice fasse partie de la nouvelle Route de la Soie par voie maritime, compte tenu de la situation géostratégique de l’île qui la place de manière naturelle sur la « Route de la soie ». Aussi apparait-il évident que Madagascar et ses îles sœurs devront démontrer leurs atouts qui peuvent servir cette route de la soie pour ne pas rater le coche d’une opportunité considérable.

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