Jeudi 19 Octobre 2017

La croissance doit passer par la sécurité…

La croissance doit passer par la sécurité…
(La Gazette de Madagascar 09/08/17)

Des morts, des morts et des morts ont parsemé nos chemins de croix depuis quelque temps. Eh oui ! Des artistes, des hommes politiques et des dizaines de membres d’une congrégation religieuse nous ont quittés récemment dans des circonstances qui prêtent souvent à controverse. Cette escalade mortelle qui a fait la une de tous les médias radiophoniques et télévisuels, ainsi que les réseaux sociaux est en train de changer une facette de notre vie sociétale. Bon nombre de nos concitoyens veulent maintenant qu’on leur rende compte des dessous d’un décès de leur famille, ami ou compatriote par des enquêtes approfondies s’y rapportant. Pour ce faire, une demande sinon une exigence sur la mise en contribution des autorités compétentes en la matière pour élucider les raisons véritables qui ont occasionné la mort de nos vénérables concitoyens, est un véritable changement d’approche sociétale à Madagascar. Il est vrai que le fatalisme légendaire des Malgaches sur le concept de la mort est aujourd’hui ébranlé. Jusqu’ici quand un Malgache perdait la vie en ayant été assassiné, ou ayant eu un accident, ses proches généralement se résignent et se réfugient derrière un fatalisme morbide imputant à Dieu le fatal destin du défunt. L’irresponsabilité, la paresse et la lâcheté des proches leur font sortir des âneries comme celle-ci « A quoi bon poursuivre en justice le ou les responsables de notre bien aimé car cela ne le ressuscitera pas ! ».

Et de cette aberration découlait que rarement il y eut poursuite sur des crimes perpétrés sciemment ou accidentellement par des criminels ou des irresponsables dans notre pays. Ce fatalisme bien malgache qui fut la cause de tous nos maux car il nous a plongés dans l’irresponsabilité la plus sordide, nous maintient encore dans les griffes du sous-développement. Cette acceptation de notre impuissance vis-à-vis d’un destin annihilant notre velléité de connaître la vérité, illustre notre refus de recherche de l’excellence qui conditionne pourtant le développement de notre pays.
Ce changement attendu de comportement sociétal est de relever à sa juste valeur l’importance de la vie. Eh oui ! On parle ici de la vie d’un Malgache à l’instar de celle des autres nations civilisées chez qui la perte d’un des leurs peut faire naître un mouvement national. La valorisation d’une vie par tous les moyens nécessaires à sa sauvegarde, peut remettre notre cher pays sur les rails du développement. La réalité actuelle est que le Malgache peut crever partout, n’importe où, sans que des mesures efficientes venant des autorités ne viennent enrayer l’hécatombe se produisant sur tout le territoire. Pour mieux impacter notre assertion auprès de nos lecteurs, notre vie n’a aucune valeur aujourd’hui. Elle est juste comme celle d’un chien errant qui ne manquera à personne au cas où il viendrait à disparaître. Cet état de fait qui dure depuis des décennies déjà, est la conséquence de l’irresponsabilité des tenants successifs du pouvoir qui ont oublié qu’ils ont pour mission de nous garder en vie d’abord, et d’asseoir notre sécurité ensuite, avant de se projeter dans des perspectives de croissance. Il nous est important de rappeler que la sécurité est jusqu’à nos jours le garant de tout projet de société surtout dans le milieu rural. Et mettre la charrue devant les bœufs est un manque de réalisme qui nuirait au développement du pays.

Aura-t-il fallu le sacrifice de toutes ces victimes de tout bord en tout genre pour comprendre enfin qu’il faut s’atteler aux différentes tâches concernant la préservation de la vie ? Quand on voit toutes les autorités malgaches accourir au chevet des victimes de ces abominations l’air affligé, on est dans l’espoir que des mesures vont être prises désormais. Est-ce que cela serait le starter du grand changement impliquant des sanctions concernant l’irresponsabilité de certains tenants du pouvoir ? Beaucoup de postes de responsabilité vitale ont été octroyées par les présidents de la république successifs sans que les bénéficiaires ne prennent conscience des véritables enjeux de leurs rôles respectifs. Bon nombre de ces derniers se sont contentés d’expédier les affaires courantes par méconnaissance de leurs attributions et de la portée sécuritaire de leurs postes auprès de la population. Il est temps qu’on interpelle ici Monsieur le Président de la République de Madagascar pour séparer le bon grain de l’ivraie.

Il est temps de recentrer une politique qui fait route vers un déviationnisme certain qui est déjà de s’occuper des prochaines élections présidentielles pour perdurer à la place juteuse des tenants du pouvoir. Il est temps de faire preuve d’humanisme en priorisant la prévention pour éviter la guérison d’une blessure d’un fait létal… Il est temps d’en finir avec l’irresponsabilité chronique d’un service public trop occupé lui-même à lutter pour sa survie. Alors prenez à bras le corps ce dur labeur à laquelle vous avez promis de veiller à travers la constitution malgache. C’est à dire en luttant contre les entraves de tout genre qui vous permettent de revenir à la bonne gouvernance à savoir le fait:
- 1) de lutter contre toutes les formes de corruption surtout au sein de la police, des gendarmes, des forces armées, des services de la sécurité routière et autres encore ;
- 2) de reformer le système juridico-pénal qui est de mettre en application effective les sanctions extrêmes comme la peine de mort pour ceux qui ont ôté la vie intentionnellement. De prononcer la peine de prison effective incompressible pour les fauteurs d’accidents mortels ;
- 3) d’augmenter le budget pour la sécurité publique par l’achat de drones, d’hélicoptères et autres ;
- 4) d’inciter nos responsables à oser innover dans leur mode de gestion pour juguler les travers de nos administrés en mal de délit et de ne plus se contenter d’expédier les affaires courantes ;
- 5) d’écarter du pouvoir et de poursuivre en justice ceux qui ont fait preuve d’irresponsabilité…
On peut le faire si l’on veut, car ce n’est qu’une volonté politique à mettre en œuvre dans toutes les sphères d’activité aux visées sécuritaires…
Max Randriantefy

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