Mardi 24 Avril 2018

Soupçons de financement libyen : Alexandre Djouhri, proche de Sarkozy, placé en garde à vue à Londres

Soupçons de financement libyen : Alexandre Djouhri, proche de Sarkozy, placé en garde à vue à Londres
(Le Monde 09/01/18)

Depuis le 7 septembre 2016, date d’une convocation devant des juges parisiens qu’il n’avait pas honorée, l’intermédiaire franco-algérien Alexandre Djouhri, 58 ans, prenait grand soin de ne plus fouler le sol français. Plutôt que le bureau des magistrats en charge de l’enquête sur un possible financement libyen de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007, il avait jusqu’ici préféré l’Algérie – aux bons soins d’Ali Haddad, l’un des hommes d’affaires les plus puissants du pays –, la Russie, Djibouti ou encore les Emirats arabes unis et le Qatar. Une simili cavale qui a pris fin dimanche 7 janvier dans l’après-midi, à l’aéroport d’Heathrow à Londres, comme l’a révélé L’Obs. En provenance de Suisse à bord d’un vol commercial, Alexandre Djouhri a été interpellé dans le cadre d’un mandat d’arrêt européen émis courant décembre 2017 pour « fraude » et « blanchiment » par les autorités françaises, puis placé en détention.
Soumis à une procédure d’extradition anglaise, Alexandre Djouhri pourrait être présenté aux juges français en charge de l’instruction sur l’argent libyen en vue d’une possible mise en examen. M. Djouhri doit comparaître ce mercredi au tribunal de Westminster pour fixer la date de l’audience qui statuera sur son extradition. La justice le soupçonne d’avoir été au cœur de circuits financiers entre la France de Nicolas Sarkozy et la Libye de Kadhafi, qui auraient pu servir à alimenter la campagne présidentielle du candidat de l’UMP en 2007. Contacté, son avocat parisien n’a pas souhaité réagir.

Les enquêteurs français disposent de plusieurs éléments troublants en partie récupérés lors de la perquisition à son domicile de Chêne-Bougeries, près de Genève, en mars 2015. Il y a d’abord cette mystérieuse villa à Mougins, détenu par Alexandre Djouhri à travers une société panaméenne qu’il vendra en 2008 pour dix millions d’euros, soit plus du double du prix du marché, à la filiale suisse du Libya Africa Investment Portfolio (LAP). Ce fonds souverain libyen, le plus doté d’Afrique, est alors dirigé par son ami, Bechir Saleh qui fait aussi fonction de directeur de cabinet de Kadhafi en charge notamment de renouer avec la France. Pour le tribunal fédéral suisse « ce contrat aurait été passé dans le but de détourner des fonds, le prix versé (…) ayant été sciemment surévalué ».

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