Samedi 18 Novembre 2017

Migrants en Libye: une agence onusienne tire à boulets rouges sur la politique européenne

Migrants en Libye: une agence onusienne tire à boulets rouges sur la politique européenne
(Le Point 14/11/17)
Zeid Ra'ad Al Hussein, le Haut commissaire des Nations Unies pour les droits de l'homme (UNHRC)

Le Haut commissaire aux droits de l’homme de l’ONU est revenu à la charge sur la situation catastrophique des migrant et réfugiés en Libye. Avec des propos très critiques, Zeid Ra'ad Al Hussein a mis en cause la politique européenne en matière de gestion migratoire qui aggraverait la situation, tout en appelant la communauté internationale à agir d'urgence afin d’atténuer la souffrance des migrants, qualifiant celle-ci «d’outrage à la conscience de l’humanité».

C'est certainement l'ampleur de la désastreuse situation qui l'a imposé, mais ce mardi 14 novembre, le Haut commissaire des Nations Unies pour les droits de l'homme (UNHRC) a mis les pieds dans le plat de l'Union européenne. Dans un communiqué publié par son cabinet, Zeid Ra'ad Al Hussein a tenu à exprimer «sa consternation face à la forte augmentation du nombre de migrants détenus dans des conditions horribles dans les centres de détention libyens». Par la même occasion, le Jordanien a mis en cause la politique de l'UE en matière d'aide aux gardes-côtes libyens pour intercepter les migrants et autres réfugiés et qu'il a qualifiée «d'inhumaine». Selon le Haut commissaire onusien, «la souffrance des migrants détenus en Libye est un outrage à la conscience de l'humanité. Ce qui était une situation déjà désastreuse est maintenant devenu catastrophique».

«Le système de détention des migrants en Libye doit être irrémédiablement réparé. Seules des alternatives à la détention peuvent sauver la vie et assurer la sécurité physique des migrants, préserver leur dignité et les protéger contre d'autres atrocités», a déclaré Zeid Ra'ad Al Hussein

Selon l'UNHRC, l'UE et l'Italie aident les gardes-côtes libyens à intercepter les bateaux de migrants en Méditerranée, y compris dans les eaux internationales et cela en dépit des inquiétudes exprimées par les associations de défense des droits de l'homme. A travers cette approche, le Haut commissariat estime que c'est plutôt une pratique qui condamnerait davantage de migrants à une détention arbitraire et indéfinie, au travail forcé, à l'exploitation et à l'extorsion. «Les personnes détenues n'ont aucune possibilité de contester la légalité de leur détention et n'ont pas accès à l'aide judiciaire», poursuit la même source.

«Les interventions croissantes de l'UE et de ses Etats membres n'ont jusqu'à présent rien fait pour réduire le nombre d'abus subis par les migrants. Notre surveillance montre une détérioration rapide de leur situation en Libye», précise l'UNHRC.

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