Samedi 16 Décembre 2017

Migrants en Libye : l’Union africaine prépare un plan de rapatriement d’urgence

Migrants en Libye : l’Union africaine prépare un plan de rapatriement d’urgence
(La Tribune 06/12/17)

A l’initiative de l’UA, une réunion préparatoire s’est tenue ce lundi 4 décembre à Addis Abeba afin d’élaborer un plan d’urgence pour évacuer les migrants en situation de détresse en Libye. A court terme, entre 4 000 et 15 000 migrants seront concernés d’ici à la fin d’année, mais les défis s’annoncent difficiles, notamment en matière de logistique. Certains pays comme le Maroc ou le Rwanda ont fait part de leur contribution et plusieurs pays s’activent à rapatrier leurs citoyens par leurs propres moyens. A terme, il va falloir évacuer entre 400 000 et 700 000 personnes, selon les prévisions de l’organisation continentale.

Après la vague d'indignations officielles et populaires qui a suivi la publication par la chaîne américaine CNN des marchés d'esclaves où les migrants sont vendus en Libye, l'heure est aux actes. Comme annoncé à l'issue du Sommet UA-UE d'Abidjan de la semaine dernière où le sujet a cristallisé les débats, l'Union africaine a organisé ce lundi 4 décembre à son siège d'Addis Abeba une rencontre préparatoire avec plusieurs de ses partenaires notamment l'OIM, le HCR et l'UE. Au menu, l'élaboration d'un plan d'action pour le rapatriement d'urgence des migrants en situation de détresse.

Selon une première estimation faite par l'organisation continentale, près de 3 800 migrants africains devront être évacués rapidement. C'est ce qu'a annoncé la Commissaire aux Affaires sociales de l'organisation continentale, Amira El Fadil, qui revient d'une mission en Libye où elle a été dépêchée par le président de la Commission, Moussa Faki Mahamat aux fins de «mener des consultations sur les conditions des migrants africains bloqués dans ce pays».

Au cours de son séjour et en plus des rencontres avec les autorités libyennes et les diplomates des pays africains, l'envoyée spéciale de l'UA s'est également rendue dans l'un des centres de détention des migrants contrôlés par le gouvernement de Tripoli, celui de Tariq Al Matar qui accueille environ 3 820 migrants. Sur place, Amira El Fadil a fait cas d'une situation critique, notamment le «surpeuplement et les conditions d'assainissement du centre», ainsi que «l'existence d'un risque sérieux d'épidémie, d'autant que des cas de gale ont déjà été observés chez des nourrissons».

Sur la base de ce qu'elle a vu, l'envoyée spéciale a fait observer, selon une note de la commission, «que la crise actuelle des migrants et sa résolution échappent au contrôle des autorités libyennes et que ces dernières ne peuvent, par elles-mêmes, en assurer la gestion». Il est donc nécessaire que l'organisation continentale et la communauté internationale dans son ensemble soutiennent davantage leurs efforts en vue notamment de mener à bien le processus de rapatriement des migrants et trouver une solution à la crise.

C'est dans ce cadre qu'intervient la réunion d'Addis Abeba de ce 4 décembre afin de définir les modalités nécessaires pour la mise en place immédiate «d'un plan d'évacuation humanitaire volontaire des migrants».

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