Mardi 20 Février 2018

Libye: l'ONU déplore l'interdiction aux déplacés de Taouarga de rentrer chez eux

Libye: l'ONU déplore l'interdiction aux déplacés de Taouarga de rentrer chez eux
(AFP 03/02/18)
hassan Salamé, Représentant spécial du Secrétaire général et Chef de la Mission d'appui des Nations Unies en Libye (MANUL)

La mission de l'ONU en Libye a regretté vendredi que des centaines de familles de déplacés de Taouarga aient été empêchés de rentrer chez eux, conformément à un accord préalable avec des représentants de la ville voisine de Misrata.

Des milliers de déplacés de la ville libyenne de Taouarga, contraints à un exil massif après leur soutien en 2011 à l'ex-dictateur Mouammar Kadhafi, ont été empêchés jeudi de rentrer chez eux par des groupes armés.

Le gouvernement d'union nationale (GNA) a annoncé en décembre le retour de ces déplacés début février, conformément à un accord conclu entre représentants de leur ville et de celle de Misrata (200 km à l'est de Tripoli), qui l'administre depuis la révolte de 2011.

La mission d'appui des Nations unies en Libye (MANUL) a dit dans un communiqué "regretter vivement que des habitants de Taouarga et leurs familles soient interdits de retrouver leurs maisons par des éléments radicaux". Le texte déplore aussi les "menaces et le chantage" à leur encontre.

"L’ONU a suivi pendant plus de deux ans ce projet de réconciliation entre Misrata et Taouarga" et se félicite de la décision du GNA "de mettre en œuvre l’accord conclu", a souligné le communiqué.

Jeudi matin, plusieurs centaines de familles avaient ainsi pris la route en direction de Taouarga, mais elles ont été bloquées à des barrages aux entrées de la ville par des groupes armés.

Le GNA a alors appelé "toutes les parties à faire prévaloir la raison et le patriotisme sur la discorde", et à unir leur efforts "pour mettre fin aux souffrances des déplacés et leur permettre de rentrer chez eux".

Sans les nommer, le GNA a critiqué dans son communiqué "ceux qui veulent saboter l’accord" conclu entre le Conseil local de Taouarga et la municipalité de Misrata, cette dernière n'ayant pas le soutien de tous les Misratis à ce sujet.

La Libye est plongée dans le chaos depuis la révolte populaire qui a mis fin au régime de Kadhafi en 2011.

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