Samedi 24 Février 2018

Khalifa Haftar : « La Libye n’est pas encore mûre pour la démocratie »

Khalifa Haftar : « La Libye n’est pas encore mûre pour la démocratie »
(Jeune Afrique 06/02/18)
Le maréchal Khalifa Haftar

Dans son fief de Benghazi débarrassé, assure-t-il, des dernières poches de résistance, le maréchal libyen a reçu Jeune Afrique. Celui qui ambitionne de réunifier sous sa houlette – et au besoin par la force – ce pays déchiré fait le point sur ses alliés, ses ennemis et les tentatives de médiation internationales. Avec l’assurance de l’homme providentiel qu’il est persuadé d’incarner.

Ses ennemis sur le champ de bataille et les observateurs de la scène libyenne peuvent s’accorder sur un point : le maréchal Khalifa Haftar n’est pas un homme facile à cerner. Raillé comme un don Quichotte d’Afrique lorsqu’en mai 2014 le septuagénaire entreprenait avec une maigre troupe la mise au pas des milices nées de l’insurrection contre Kadhafi, il est désormais, après les succès de son Armée nationale libyenne (ANL), soupçonné de vouloir, à 74 ans, commencer une carrière de dictateur. L’ancien général de Mouammar Kadhafi, devenu l’un de ses pires opposants dans les années 1990, se montre intraitable en matière politique, affichant face à ses adversaires comme auprès de ses alliés l’indépendance et la posture souveraine d’un de Gaulle résistant, une de ses références proclamées.

Maître de l’Est et du Sud libyens, qu’il contrôle depuis Benghazi, il fait valoir l’ordre progressivement rétabli contre l’anarchie milicienne qui règne à Tripoli pour disqualifier les positions défendues par son principal antagoniste installé dans la capitale, Fayez el-Sarraj, le Premier ministre reconnu par les Nations unies. Le 17 décembre 2017 prenaient fin les échéances prévues par l’accord signé deux ans auparavant à Skhirat, au Maroc, entre le camp de l’Est et celui de l’Ouest, qui avait fait de Sarraj le Premier ministre d’un gouvernement d’union nationale. « Tous les corps issus de cet accord perdent automatiquement leur légitimité », a déclaré le maréchal Haftar. Qui s’annonçait aussi, à mi-mot, candidat à la fonction présidentielle.

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