Vendredi 23 Février 2018

Fin de partie pour Alexandre Djouhri, l’intermédiaire de Kadhafi

Fin de partie pour Alexandre Djouhri, l’intermédiaire de Kadhafi
(Jeune Afrique 17/01/18)
Alexandre Djouhri

Recherché par Paris dans l’enquête sur le possible financement libyen de la campagne de Nicolas Sarkozy, le sulfureux homme d’affaires français, arrêté à Londres, a été libéré sous caution. Jusqu’à son extradition ?

Dans l’épilogue d’Avec les compliments du Guide. Sarkozy-Kadhafi, l’histoire secrète (Fayard, 400 pages), les auteurs Fabrice Arfi et Karl Laske avaient laissé Alexandre Djouhri à Alger, « où quelques puissances locales lui offrent le confort et un jet privé pour pouvoir continuer à se déplacer discrètement ».

Le 7 janvier, le sulfureux intermédiaire français d’origine algérienne, né en 1959, a été interpellé à l’aéroport de Heathrow, en Grande-Bretagne, en possession de passeports français et algérien. Il était recherché dans le cadre de l’enquête sur le possible financement libyen de la campagne de l’ancien président français Nicolas Sarkozy.

Le 10, il a été libéré en échange du versement d’une caution d’environ 1,13 million d’euros. En avril, la justice britannique devra trancher pour savoir si oui ou non elle l’extrade vers la France. « Les extraditions depuis la Grande-Bretagne sont compliquées, rien n’est certain », confie une source proche du dossier. La même source confie : « Il semblerait que le juge ait perdu patience après le 6 décembre… »
Provocation

Ce jour-là, en effet, Djouhri, visé par plusieurs enquêtes, se trouve à une soirée à la résidence de France à Alger, à l’occasion de la visite d’Emmanuel Macron. Sa présence est relayée par l’hebdomadaire français Le Canard enchaîné. La provocation de trop ? Le président français n’aurait pas du tout apprécié. Quelques jours plus tard, la France lance un mandat d’arrêt européen.

Djouhri, à lire l’ouvrage d’Arfi et Laske, se sentait invincible. Il était, en tout cas, bien entouré. À Alger, il avait connu Larbi Belkheir, tout-puissant général décédé en 2010, et continuait à fréquenter des patrons influents. On pouvait le croiser dans le quartier de Hydra ou au Sheraton Club des Pins.

Il se déplaçait encore à l’étranger, notamment à Genève, discrètement. Son réseau était international. « Ces derniers temps, il voyageait dans le Golfe », nous dit notre source. Djouhri avait aussi ses entrées en Afrique subsaharienne, du Gabon au Congo. En France, il a fréquenté des personnalités comme André Tarallo, le « Monsieur Afrique » d’Elf.

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