Vendredi 21 Juillet 2017

En Libye, les forces du maréchal Haftar ont repris le Croissant pétrolier

En Libye, les forces du maréchal Haftar ont repris le Croissant pétrolier
(Le Monde 15/03/17)
Vue d’installations pétrolières de Ras Lanouf, en janvier 2017.

Après avoir perdu, début de mars, Ras Lanouf et Sidra, deux des principaux ports d’exportation du brut libyen, l’homme fort de la Cyrénaïque a repris l’avantage.

Les combats se sont intensifiés, mardi 14 mars, au cœur du Croissant pétrolier, poumon économique de la Libye, où les forces loyales au maréchal Haftar, l’homme fort de l’Est libyen et chef en titre de l’Armée nationale libyenne (ANL), ont repris l’avantage face aux assaillants qui les avaient délogés de la zone dix jours plus tôt.

Selon des officiels de l’ANL, cités par diverses agences de presse, les forces de M. Haftar ont rétabli leur contrôle sur Ras Lanouf et Sidra, deux des ports de cet arc de terminaux pétrolier situé en bordure du golfe de Syrte. « Les forces armées ont libéré le Croissant pétrolier », a déclaré Ahmad Al-Mesmari, porte-parole de l’ANL. Les combats auraient fait 21 morts parmi les forces de l’ANL, selon des sources locales citées par le journal en ligne Libya Herald. On ignorait mercredi le nombre de victimes chez leurs adversaires de la Brigade de défense de Benghazi (BDB).

Force d’obédience islamiste

Principale plate-forme d’exportation du brut libyen, le Croissant pétrolier est une région stratégique. La production de la Libye atteignait, avant les combats de mars, 700 000 barils par jour, plus du double de son niveau d’il y a un an, mais loin du nombre – 1,6 million de barils par jour – que le pays produisait avant le renversement de Mouammar Kadhafi, en 2011. La BDB, une force d’obédience islamiste, avait enlevé, contre toute attente, la zone le 3 mars. Dans les jours ayant suivi sa victoire, la BDB avait résisté à une première série de ripostes aériennes des troupes de Haftar. Le rapport des forces lui est ensuite devenu défavorable alors que l’ANL massait des troupes aux abords du Croissant pétrolier.

La reprise de ce dernier par l’ANL de Haftar place le gouvernement d’« union nationale » de Faïez Sarraj, la seule autorité reconnue par la communauté internationale, dans une situation embarrassante. M. Sarraj n’a que mollement condamné la percée militaire de la BDB du 3 mars, donnant l’impression qu’il s’en satisfaisait. Si la BDB et le gouvernement de M. Sarraj ne sont pas formellement liés, ils partagent le même adversaire en la personne du maréchal Haftar. Depuis un an, ce dernier est le principal obstacle à la mise en place de l’autorité de M. Sarraj, privé de l’investiture du Parlement de Tobrouk, dominé par les amis de M. Haftar.

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