Lundi 20 Novembre 2017

Septicémie à méningocoque liée à une cérémonie funéraire – Libéria

Septicémie à méningocoque liée à une cérémonie funéraire – Libéria
(Autre média 14/07/17)

Il s’agit d’une mise à jour concernant le bulletins intitulé «Décès inexpliqués – Libéria» publié les 5 mai 2017.

Décès inexpliqués – Libéria
Le 25 avril 2017, le Ministère de la santé du Libéria a notifié à l’OMS et aux partenaires un groupe de morts subites d’étiologie inconnue dans le comté de Sinoe. L’événement a débuté le 23 avril 2017 avec l’admission à l’hôpital d’une enfant de 11 ans présentant une diarrhée, des vomissements et un état de confusion mentale après avoir assisté aux funérailles d’un chef religieux le 22 avril 2017. L’enfant est décédée dans l’heure qui a suivi.

Entre le 23 avril et le 7 mai, au total 31 cas, dont 13 mortels et un cas avec des séquelles neurologiques, d’une maladie inconnue associée avec le fait d’avoir assisté à une cérémonie funéraire ont été notifiés dans trois comtés (Sinoe, Grand Bassa et Montserrado). La majorité des cas n’a pas présenté de fièvre, mais des douleurs abdominales, de la diarrhée, des vomissements et un état de confusion mentale. Certains patients avaient un purpura et/ou des pétéchies. La plupart des cas avaient un lien entre eux, soit social, soit familial, soit scolaire. Tous les cas sauf deux ont assisté à l’inhumation et ont été par la suite identifiés en tant que contacts du cas indicateur.

Le 8 mai 2017, le Ministère de la santé a informé les partenaires et le grand public que les échantillons prélevés sur les patients étaient positifs pour le sérotype C de Neisseria meningitidis aux Centers for Disease Control and Prevention (CDC) des États-Unis d’Amérique. La flambée a donc été classée comme une flambée de maladie à méningocoque. Pour 14 des 31 cas, Neisseria meningitidis C a été plus tard confirmée par PCR au laboratoire national de référence du Libéria dans les échantillons cliniques ou par diagnostic clinique établi par la présence d’un purpura fulminans. Les résultats de laboratoire ont été ensuite confirmés par le NICD (National Institute for Communicable Diseases) et le NIOH (National Institute of Occupational Health) à Johannesburg (Afrique du Sud), en plus des résultats sérologiques pour trois cas étudiés à l’Institut Pasteur en France. Les caractéristiques de cette flambée dans le temps sont inhabituelles et soulèvent l’hypothèse de la présence d’un cofacteur.

En outre, le 8 mai 2017, le Ministère de la santé a informé les partenaires et le grand public que les analyses toxicologiques menées par les CDC sur des échantillons urinaires de trois cas n’indiquaient pas d’intoxication comme cause de cette flambée. Des métabolites de pesticides et des métaux toxiques ont été recherchés dans ces échantillons.

Le 20 juin 2017, le Ministère de la santé a reçu les résultats de l’analyse toxicologique menée par le Centre de chimie analytique à Vienne (Autriche) sur des échantillons d’aliments, d’eau et d’une boisson sucrée consommés lors des funérailles et ils n’indiquaient pas d’intoxication. Plus de 600 toxines fongiques et bactériennes ont été recherchées dans ces échantillons et soit elles n’ont pas été détectées, soit elles étaient dans les limites réglementaires.

Action de la santé publique

Avec l’appui de l’OMS, des CDC, du Réseau africain d’épidémiologie de terrain (AFENET) et d’autres partenaires, le Ministère de la santé a entrepris des investigations sur le terrain un jour après l’alerte. Aucune maladie n’a été identifiée et le début d’une flambée de maladie à virus Ebola a été exclu dans les 24 heures suivant l’alerte.

L’Institut national de la santé publique du Libéria a été activé pour diriger la riposte. L’OMS, les CDC, l’UNICEF et MSF ont renforcé l’action sur le terrain tandis que la coordination internationale et les échanges d’information se sont appuyés sur le Réseau mondial d’alerte et d’action en cas d’épidémie (GOARN). Les activités suivantes ont été mises en œuvre :

la plupart des cas de Sinoe ont été pris en charge à l’hôpital local de Greenville, chef-lieu du comté et ont été traités en suivant le protocole pour la maladie à virus Ebola;
les mesures de prévention des infections et de lutte ont été appliquées à l’hôpital local;
une recherche active des cas a été menée et les personnes identifiées ayant assisté à la cérémonie funéraire, de même que les proches contacts, ont été suivis pendant 21 jours;
des autopsies ont été faites sur 2 cas;
environ 70 échantillons (58 prélèvements cliniques et 12 échantillons alimentaires) ont été collectés pour être analysés en laboratoire et ont été envoyés au laboratoire national de référence du comté de Margibi, aux États-Unis, en France, en Afrique du Sud et en Autriche;
une chimioprophylaxie a été distribuée à tous ceux qui ont assisté à la cérémonie funéraire, aux contacts des cas, aux agents de santé et au personnel chargé de l’inhumation;
une stratégie de vaccination contre la méningite C a été envisagée mais pas mise en œuvre du fait de l’absence de transmission secondaire;
la mobilisation sociale a été mise en œuvre avec l’appui de l’UNICEF.
Évaluation du risque par l’OMS

Comme on ne comprend pas clairement l’épidémiologie de cette flambée, le risque de récurrence ne peut être exclu. En revanche, sur la base des connaissances actuelles de l’épidémiologie des infections à méningocoque, on considère que ce risque est faible.

La mise en œuvre efficace et rapide de la riposte à cet événement résulte de l’expertise développée par le Libéria à la suite de la grande épidémie de maladie à virus Ebola en 2014. Elle a permis d’identifier rapidement l’événement, de tester et d’exclure Ebola comme cause de la flambée, d’identifier les contacts et d’assurer leur suivi ; le pays a pu collaborer avec les partenaires pour l’analyse en laboratoire des échantillons humains et environnementaux, ce qui a abouti à l’identification de la cause de la maladie.

Conseil de l’OMS

Sur la base des informations disponibles concernant cet événement, l’OMS ne recommande aucune restriction aux voyages ou aux échanges commerciaux avec le Libéria.

L’OMS recommande d’inclure la septicémie à méningocoque dans la surveillance systématique au Libéria, en tant que maladie à potentiel épidémique, de même que la méningite à Neisseria meningitidis.

Source: OMS

Commentaires facebook