Samedi 18 Novembre 2017

Libéria : suspension du processus électoral, alors que Boakai dénonce des harcèlements de la CDC

Libéria : suspension du processus électoral, alors que Boakai dénonce des harcèlements de la CDC
(La Tribune 07/11/17)
Le vice-président Joseph Boakai

Avec la suspension, ce lundi 6 novembre, du processus électoral au Liberia, à la veille du second tour prévu de la présidentielle entre l'ex-star du foot George Weah et le vice-président Joseph Boakai, la situation se tend dans le pays. «La Coalition pour le changement démocratique harcèle nos militants », avait alerté le vice-président Joseph Boakai jeudi dernier, lors d'une conférence téléphonique auprès de la presse internationale, faisant craindre un risque de violence.

La Cour suprême du Libéria a décidé de suspendre, ce lundi 6 novembre, le processus électoral au Liberia, à la veille du second tour prévu de la présidentielle entre l'ex-star du foot George Weah et le vice-président Joseph Boakai, sans fixer de nouvelle date au scrutin. Il est interdit à la National Electoral Commission (NEC) de «tenir le second tour de l'élection jusqu'à ce qu'elle ait examiné les recours» pour fraude présumée sur l'organisation du premier tour, a déclaré lors d'une audience très attendue le président de la Cour suprême Francis Korkpor.

Actuellement, des «éléments de preuves» circuleraient dans Monrovia, constitués de photographies de procès-verbaux révélant des chiffres incohérents. Fin octobre, les partis respectifs de Joseph Boakai, de Charles Brumskine et de Benoni Urey ont déposé une plainte auprès de la NEC pour dénoncer les fraudes électorales du 10 octobre, tout en pointant du doigt l'ingérence de la présidente Ellen Johnson Sirleaf en faveur de George Weah, arrivé en tête à l'issue du premier tour avec 39% des suffrages.

«La NEC devra également expliquer les raisons pour lesquelles le recours du Parti de la liberté de Charles Brumskine (...) n'est pas fondé», a rappelé Joseph Boakai à la presse.

La présidente du Libéria, qui se dit victime d'une campagne de dénigrement, avait réagi en réunissant Alpha Condé, actuel président de l'UA et Faure Gnassingbé au titre de la CEDEAO, George Weah et Joseph Boakai, le 31 octobre dernier à Monrovia afin «de résoudre ces questions», selon un communiqué de la présidence.

Jeudi dernier, nouveau coup de théâtre, l'audience de la Cour suprême est reportée de 24h pour des questions de procédures, renforçant le climat d'incertitude autour du scrutin de ce 7 novembre et gelant toute opération électorale. Charles Walker Brumskine du Parti de la Liberté (LP) demande le remplacement de la commission électorale, laquelle prendra toutes les précautions pour sécuriser le second tour, ce qui laisse présager un vraisemblable report de l'échéance électorale...

Si les «fraudes massives et systématiques » étaient avérées, cela pourrait sensiblement retarder la tenue de nouvelles élections et fragiliser la stabilité de ce petit pays d'Afrique subsaharienne, déjà durement frappé par l'épidémie d'Ebola en 2014 (11 000 morts).

«Je ne peux pas vous dire aujourd'hui si les élections seront reportées, car je l'ignore ; mais l'important est que soit respectée la loi», avait précisé Joseph Boakai, jeudi dernier.

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