Mercredi 13 Décembre 2017

Liberia: recours devant la Cour suprême contre le 1er tour de la présidentielle

Liberia: recours devant la Cour suprême contre le 1er tour de la présidentielle
(AFP 29/11/17)

Les candidats arrivés deuxième et troisième à la présidentielle au Liberia, loin derrière l'ex-star du foot George Weah, ont annoncé avoir saisi la Cour suprême du rejet de leur recours par la Commission électorale.

Le second tour, qui était prévu le 7 novembre entre George Weah et le vice-président sortant Joseph Boakai, a été reporté sine die par la Cour suprême.

Celle-ci avait enjoint la Commission électorale nationale (NEC) d'examiner d'abord le recours du candidat arrivé en troisième position le 10 octobre, avec 9,6% des voix, Charles Brumskine, auquel s'est joint M. Boakai.

La NEC ayant définitivement rejeté le 24 novembre leur demande d'annulation pure et simple du vote du 10 octobre, MM. Brumskine et Boakai ont saisi la Cour suprême, comme ils l'avaient annoncé.

Le conseil de la NEC a jugé que les plaignants n'avaient pas apporté la "preuve irréfutable" que le vote avait été entaché de fraudes, faisant état d'erreurs matérielles sans conséquence sur le résultat final et corrigées par la suite.

Dans ce recours devant la Cour suprême daté de lundi, les candidats font de nouveau état de "fraudes massives et d'irrégularités flagrantes", justifiant selon eux l’annulation des résultats, et soulignent "de nombreuses erreurs" dans la décision de la NEC, selon des documents consultés mardi par l'AFP.

Les observateurs internationaux ont jugé le déroulement du vote largement crédible, malgré des problèmes d'organisation et de longs retards relevés dans ce scrutin pour désigner le successeur d'Ellen Johnson Sirleaf, première femme élue à la tête d'un Etat africain.

L'imbroglio juridico-électoral fait peser des incertitudes sur la première transition démocratique depuis trois générations dans ce petit pays anglophone d'Afrique de l'Ouest, l'un des plus pauvres au monde, ravagé de 1989 à 2003 par l'une des plus atroces guerres civiles du continent, qui a fait quelque 250.000 morts.

Si la Cour fait droit au recours, la NEC devra organiser une nouvelle élection dans un délai de 60 jours. A contrario, si elle le rejette, un second tour devra se tenir, nécessairement un mardi, selon la Constitution.

Or, le mandat présidentiel débute le troisième lundi ouvré de l'année suivant l'élection, ce qui laisse peu de temps pour tenir les délais constitutionnels, quelle que soit la décision de la Cour suprême.

Mme Sirleaf, accusée par M. Brumskine et son vice-président, M. Boakai, d'avoir pesé sur les résultats, notamment en rencontrant à son domicile des responsables de NEC, a estimé le 7 novembre que "la démocratie était attaquée" au Liberia, exhortant la classe politique à se ressaisir.

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